Bénin : Patrice Talon ne projette pas de se présenter pour un troisième mandat.

Cotonou, au Bénin – En ce jour du 16 juin 2025, pendant que la Guinée se concentre sur l’introduction des passeports biométriques, l’attention au Bénin reste rivée sur les élections présidentielles de 2026. En dépit des assertions constantes du président Patrice Talon qu’il ne se représentera pas, la question de sa possible candidature demeure, suscitant des spéculations et des préoccupations tant dans la sphère politique que dans la société civile béninoise.

Patrice Talon, qui a été élu en 2016 et réélu en 2021 pour un second mandat de cinq ans, a maintes fois affirmé sa volonté de respecter la Constitution du Bénin, laquelle restreint à deux le nombre de mandats présidentiels. En mars 2025, il a réitéré qu’il ne se présenterait pas pour un second mandat, soulignant qu’il avait lui-même « renforcé » cette restriction constitutionnelle. Ces déclarations sont confirmées par ses proches ainsi que par le porte-parole du gouvernement, tous soulignant le désir du président de « quitter en grande pompe ».

Toutefois, les récentes expériences dans d’autres nations de la sous-région, où des dirigeants ont modifié les Constitutions pour assurer leur maintien au pouvoir, suscitent une certaine suspicion et alimentent les bruits de couloir. Certains ont parfois utilisé les débats concernant une potentielle « nouvelle République » ou l’interprétation de la Constitution comme moyen d’évaluer la viabilité d’un tel scénario. En février 2025, la Cour constitutionnelle a refusé une requête soumise par Christian Lagnidé, un ancien ministre, visant à éclaircir l’éventualité d’un troisième mandat pour Patrice Talon. La Cour a souligné que la possibilité pour un citoyen de saisir le tribunal était restreinte aux situations impliquant une atteinte aux droits de l’homme ou une remise en question de la constitutionnalité d’une loi, mettant ainsi fin à cette discussion juridique.

En dépit de ces indications évidentes, le sujet demeure source de controverse dans les discussions. Quelques observateurs avancent que l’importance politique et l’influence de Patrice Talon, accompagnées des réformes qu’il a initiées, pourraient créer des tensions parmi ses soutiens pour l’inciter à revoir sa position. Certains redoutent que des manœuvres politiques ne soient tentées pour altérer les règles, bien que le président ait ouvertement affirmé ne pas vouloir « toucher une seule virgule de la Constitution ».

Le scrutin présidentiel de 2026 au Bénin se profile comme une élection déterminante. Si Patrice Talon tient ses promesses, il préparera le terrain pour une nouvelle génération de dirigeants politiques. L’accent sera alors mis sur sa succession et la désignation de son successeur, que le président a déjà exprimé vouloir surveiller « avec attention » pour éviter « la déconstructions des réformes réalisées en dix ans ».

Jusqu’à l’échéance, il est essentiel de rester vigilant au Bénin. Les phases ultérieures du processus électoral, comme la sélection des candidats par les formations politiques et l’application du calendrier, seront surveillées attentivement, dans l’espoir que la démocratie au Bénin persiste à se consolider en adhérant aux principes constitutionnels.

Réveil-Africain.org/Com avec le Monde.fr

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