Conakry (Guinée) : Réponse à la sortie de Mme Fatou Baldé Yansané: rappeler la vérité sur la place de la femme en Islam (Par Chérif Sampiring Diallo Journaliste et par dessus tout « musulman).

Je lis avec attention la réaction de Mme Fatou Baldé Yansané à l’endroit du prêcheur Dr Mamadou Oury Barry. Son indignation, bien que sincère peut-être, appelle quelques éclaircissements essentiels, non pas pour polémiquer, mais pour rétablir un équilibre entre émotion et vérité religieuse.

Avant tout, rappelons-le : l’Islam n’a jamais méprisé la femme. Bien au contraire, il l’a honorée, protégée et élevée à un rang qu’aucune législation humaine n’avait reconnu avant lui. C’est l’Islam qui a fait de la mère un paradis vivant : « Le Paradis se trouve aux pieds des mères » (hadith authentique). C’est l’Islam qui a fait de la femme une partenaire dans la foi, la piété et le mérite : « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres » (Coran). Et c’est encore l’Islam qui a fait de la fille un bienfait et non une honte, quand la société préislamique les enterrait vivantes.

Ainsi, la soumission dont parle l’Islam n’est pas une humiliation, mais une relation d’ordre, d’équilibre et de responsabilité, comme dans toute organisation divine. Elle signifie obéissance à Dieu avant tout, et respect des rôles que la sagesse du Créateur a établis. Elle n’a rien à voir avec la « soumission » telle que définie par les conventions internationales ou les courants contemporains des droits humains, souvent fondés sur des critères culturels ou politiques étrangers à la foi musulmane.

L’Islam n’est pas le PNUD, ni l’UNICEF, ni une ONG : c’est une religion révélée, un texte sacré, une voie spirituelle immuable. Ses principes ne se négocient pas selon les émotions du moment ou les tendances du discours mondial : ils se comprennent à la lumière du Coran, de la Sunna et du consensus des savants.

A ce propos, le Dr Mamadou Oury Barry n’est pas un « influenceur » qui s’improvise prêcheur. C’est un érudit reconnu, détenteur d’un doctorat en sciences islamiques, dont la mission est d’éclairer les croyants sur la bonne voie, même lorsque ses rappels dérangent. Il ne parle ni selon son humeur ni pour plaire à qui que ce soit ; il rappelle la loi d’Allah, comme tout homme de science doit le faire. Le contredire est un droit, mais le dénigrer publiquement, en usant de mots durs et généralisateurs, n’est ni conforme à la bienséance islamique ni respectueux envers un aîné et un savant.

Le Prophète (paix et salut sur lui) nous enseigne :
« Celui qui ne respecte pas nos aînés, n’a pas de compassion pour nos jeunes, et ne reconnaît pas le droit de nos savants, n’est pas des nôtres. » (Boukhari, Muslim).

Ainsi, en tant que musulmane, Mme Yansané aurait pu exprimer son désaccord autrement : dans la courtoisie, le respect, et la retenue que l’Islam prescrit même face à l’injustice perçue.

Car le désaccord est possible, mais le mépris des savants ne l’est pas. L’Islam enseigne la dignité dans la critique et la sagesse dans la parole. Et si vraiment l’intention est de défendre la femme, il faut le faire sans piétiner les repères religieux qui lui ont justement garanti sa valeur depuis quatorze siècles.

La femme, en Islam, est un trésor inestimable : mère, épouse, sœur, fille, éducatrice et lumière du foyer. Mais ce trésor se garde dans la compréhension des textes, pas dans leur déformation. C’est pourquoi je crois, humblement, que Mme Yansané gagnerait à présenter ses excuses à l’érudit, non pour renoncer à sa liberté d’expression, mais pour honorer l’adab (le respect) qui fait la beauté de notre foi.

Car le vrai courage n’est pas de crier plus fort. C’est de parler avec vérité, et toujours avec respect.

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