Guinée : 𝗡𝗼𝗻, 𝗹𝗲 𝘃𝗼𝗶𝗹𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝗰𝗿𝗶𝗺𝗲 (Par Ibrahima kalil DIALLO) !

Aujourd’hui, je prends la parole, le cœur chargé, face à une injustice insupportable que notre société préfère ignorer : la stigmatisation des femmes voilées.

Des femmes voilées qu’on étiquette, qu’on soupçonne, qu’on rejette. Des femmes à qui on interdit subtilement — ou parfois ouvertement — le droit de vivre dignement, tout simplement. Parce qu’elles portent un voile.

Dans les hôtels Noom de Conakry et Palm Camayenne , des femmes voilées se seraient vues refuser l’accès. Pas parce qu’elles dérangeaient. Mais juste parce qu’elles étaient voilées. Comme si le voile était une menace. Comme si être pieuse, c’était être coupable.

Et pourtant… Ces femmes sont avant tout des citoyennes. Des mères. Des sœurs. Des professionnelles. Des êtres humains. Qui ont le droit de se divertir. D’aller au restaurant. De passer une soirée au cinéma. De vivre, tout simplement — dans les limites de leur foi, qu’elles choisissent en toute liberté. En plus un hôtel n’est pas un lieu de débauche.

𝗜𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗰𝗲𝗹𝗮 𝗰𝗲𝘀𝘀𝗲.

Il faut que cela cesse, parce que ce n’est pas un cas isolé. C’est devenu une habitude toxique, rampante. Il suffit qu’un incident se produise quelque part, pour que la suspicion tombe : “c’est sûrement une femme voilée.” Voilà comment on salit des vies. Voilà comment on détruit des réputations. Voilà comment on fabrique l’exclusion.

𝗟𝗲 𝘃𝗼𝗶𝗹𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝗰𝗿𝗶𝗺𝗲 !

Oui ce n’est pas un déguisement de délinquant, ni un passeport pour le terrorisme. Ceux qui font du mal en se voilant n’ont rien à voir avec ces femmes. Il faut apprendre à distinguer le mal du vêtement, la foi de la perfidie. Et c’est là que notre société échoue.

Même dans les écoles, dans les centres d’examen, dans la rue, des femmes voilées subissent moqueries, rejets, humiliations.

Parfois même, de la part d’autres femmes. Quelle ironie ! Que des femmes qui clament la liberté de choix deviennent les premières ennemies de celles qui ont simplement fait un choix différent !

Cela aussi doit cesser.

Moi, Président de la République, je nommerai des femmes voilées dans mon gouvernement. Parce que leur foi ne diminue en rien leur compétence. Parce que leur voile ne retire rien à leur citoyenneté. Parce que c’est leur droit.

Nous ne devons plus importer les travers des sociétés qui diabolisent les religions. Nous devons construire une Guinée où chaque citoyen, qu’il soit musulman, chrétien, croyant ou non, se sente respecté, digne, à sa place.

À toutes les femmes voilées de Guinée : tenez bon. Vous n’êtes pas seules.

𝗜𝗯𝗿𝗮𝗵𝗶𝗺𝗮 𝗞𝗮𝗹𝗶𝗹 𝗗𝗶𝗮𝗹𝗹𝗼, 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗼𝗿𝗴𝗮𝗻𝗲 𝗽𝗿𝗼𝘃𝗶𝘀𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗴𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗔𝗣𝗚

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