Togo : fort déploiement policier àLomé après la dispersion demanifestants.

AFP, 26 JUIN 2025

Un fort dispositif policier quadrillait plusieurs quartiers de la capitale togolaise Lomé jeudi
matin, après la dispersion de quelques groupes de manifestants contre le pouvoir, ont
constaté des journalistes de l’AFP.
Les manifestants, réunis parfois par dizaines dans certains quartiers, ont été dispersés à
coups de gaz lacrymogènes.
Des pneus et des barricades de bois brûlaient dans certaines rues de la capitale où de
nombreux commerces étaient restés fermés.
Les manifestations sont rares au Togo ces dernières années, mais il s’agit du deuxième appel
de la société civile et d’influenceurs à descendre dans la rue ce mois-ci.
Ils protestent contre des arrestations de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité ou
encore la réforme constitutionnelle qui permet à Faure Gnassingbé, 59 ans, de consolider son
pouvoir.
Ce dernier dirige le Togo depuis 2005, et avec la nouvelle Constitution, le pays a basculé l’an
dernier dans un régime parlementaire dont il occupe la plus haute fonction, sans limitation
de mandat.
« J’ai décidé de tout fermer aujourd’hui en soutien aux manifestations déclenchées pour
libérer notre pays, car trop, c’est trop. Nous voulons le changement », a expliqué à l’AFP,
Hélène, une commerçante du quartier de Hedzranawoé.
« J’ai peur d’ouvrir ma boutique, parce que certains profitent souvent de ces situations pour
piller les magasins et les boutiques », confiait de son côté Afi, assise devant son petit kiosque
de denrée alimentaire dans le quartier Novissi.

La semaine dernière, Aamron, un rappeur togolais critique du pouvoir dont l’arrestation fin
mai avait été l’un des déclencheurs des manifestations, a été libéré de l’hôpital psychiatrique
où il avait été interné.
Les 5 et 6 juin, des manifestants, majoritairement jeunes, étaient descendus dans la rue et
une cinquantaine d’arrestations avaient été signalées par les autorités.
La plupart avaient ensuite été libérés mais Amnesty avait dénoncé des cas de « torture » sur
des manifestants. Le gouvernement avait répondu ne pas avoir été saisi de tels cas.
« Les pouvoirs publics ont pris soin de rappeler qu’à ce stade, aucune saisine – avec
l’identification des organisateurs des manifestations – n’est sur la table des autorités
compétentes. Nous sommes face à une volonté manifeste de semer le désordre et le chaos.
Les auteurs d’une situation illégale et irrégulière, assumeront leur responsabilité », a prévenu
cette semaine le ministre de la réforme du service public, du travail et du dialogue social,
Gilbert Bawara.
« Tout ce qui pourrait faire régresser notre pays et le faire reculer dans son élan de progrès,
doit être proscrit et évité » a-t-il ajouté à l’AFP.

Réveil-Africain.Org/Com avec AFP

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