Royaume-Uni : TikTok passe sa modération à l’IA, centaines de postes menacés.
Par Réveil-Africain.Org/Com avec AFP.
Le réseau social TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, a annoncé vendredi la réorganisation de son service de modération de contenus au Royaume-Uni, dans le cadre de son plan mondial en faveur de l’IA, qui pourrait toucher des centaines de postes dans le pays.
« Nous poursuivons une réorganisation entamée l’an dernier » sur les services de modération, a expliqué un porte-parole de TikTok dans une déclaration à l’AFP.
« Celle-ci implique de concentrer nos opérations sur un plus petit nombre de sites à l’échelle mondiale (…) tout en faisant évoluer cette fonction essentielle pour l’entreprise grâce aux avancées technologiques », dont l’IA, a-t-il ajouté.
Les modérateurs sont chargés d’empêcher la publication sur la plateforme de contenus véhiculant les incitations à la haine, la désinformation ou encore la pornographie.
Cette réorganisation mondiale, qui concerne aussi plusieurs pays d’Asie, notamment la Malaisie, s’inscrit dans une tendance générale des réseaux sociaux à réduire leur recours aux employés pour se tourner davantage vers l’IA.
TikTok assure que grâce à ses technologies de modération, 85% des contenus retirés pour violation de ses règles le sont automatiquement.
Selon John Chadfield, responsable national pour le secteur technologique au syndicat CWU, « les employés de TikTok tirent depuis longtemps la sonnette d’alarme sur les conséquences » de ces IA modératrices, « développées à la hâte et encore immatures ».
« Cette décision mettra en danger des millions d’utilisateurs britanniques », a-t-il ajouté.
L’entreprise dit avoir plus de 30 millions d’utilisateurs mensuels au Royaume-Uni, sur une population d’environ 68 millions de personnes.
Elle avait annoncé en juin la création de 500 emplois dans le pays et l’ouverture d’un deuxième bureau à Londres, portant à 3.000 le nombre d’employés.
Elle précise que certaines fonctions de modération resteront au Royaume-Uni et que les modérateurs touchés seront prioritaires sur les offres internes ou pourront être réaffectés vers d’autres sites européens ou des prestataires externes.
La puissante plateforme de partage de vidéos, avec plus d’1,5 milliard de membres, est dans le viseur des autorités, tant en Europe qu’aux États-Unis, pour son impact sur la santé mentale des enfants, son usage des données d’utilisateurs, son lien avec Pékin ou encore son influence sur le débat public et les élections.
L’Agence France-Presse (AFP), parmi plus d’une quinzaine d’organisations de fact-checking, est rémunérée par TikTok dans plusieurs pays pour vérifier des vidéos qui contiennent potentiellement de fausses informations.
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