Hommage à Mahmoud MazzLe dernier des Mohicans à Pita s’en est allé (Amadou Thhierno Diallo).

Le dernier des Mohicans à Pita s’en est allé.
Mahmoud Mazz a tiré sa révérence.
Son départ nous laisse orphelins d’une époque.
Une époque de grandeur.
Une époque d’élégance.
Une époque où Pita brillait.
Beaucoup ne savent pas qu’il fut enseignant à Tokosséré, dans Timbi Madina.
Et lui-même aimait le rappeler :
« C’est Timbi Madina qui a fait de moi ce que je suis devenu. »
C’était avant les moments glamour du Bureau Fédéral, du gouvernorat, des Ambassades et le BPN
du PDG.
Originaire de Lélouma, il a été façonné par Pita.
Et c’est à Pita qu’il a bâti sa vie, son œuvre, son histoire.
Il vécut aux côtés de compagnons illustres :
El Hadj Bankaréya, Barry Fédéral, El Hadj Mamadou Bomboli, El Hadj Oumar, El Hadj Maladho,
El Hadj Cellou, Kaba Sory, El Hadj Sory Keïta, El Hadj Ibrahima dit vieux… et tant d’autres.
Avec eux, il incarna cette génération qui fit de Pita un centre de rayonnement culturel, sportif
et intellectuel.
C’était l’époque du Kinkon Jazz et du Palais de la Fetorêt, qui faisait vibrer les nuits.
L’époque des grandes équipes de football, qui électrisaient les stades.
L’époque des troupes artistiques, qui révélaient au monde le génie créatif de notre région.
Et Mahmoud Mazz … était là.
Témoin de cette époque. Mais plus encore : acteur de cette époque.
Je voudrais ici partager un souvenir personnel.
Je l’ai connu quand j’étais adolescent.
Il venait à la maison avec ses collègues du Bureau fédéral.
Et je me souviens… je me demandais :
« Serai-je un jour comme lui ? »
Parmi tous les collègues de mon père, c’est à lui que je m’identifiais le plus.
Pour sa grandeur d’âme.
Pour la profondeur de ses connaissances.
Pour son humilité.
Et pour cette grâce naturelle qui le distinguait.
En 2021, quand je suis revenu en Guinée, je suis allé le voir à son domicile.
J’avais le cœur serré.
Je ne l’avais pas revu depuis ma tendre jeunesse.
Mais, devant moi, c’était le même homme.
Toujours élégant. Toujours magnanime.
Le temps avait passé. L’âge avait laissé ses marques. Mais lui… il n’avait pas changé.
Le même Homme que j’avais connu.
Le même Homme que j’ai admiré.
Le même Homme que j’ai adulé.
Aujourd’hui, en l’accompagnant dans son dernier voyage, nous rendons hommage non seulement
à Mahmoud Mazz, mais à toute une génération.
Une génération de bâtisseurs.
Une génération de rêveurs.
Une génération qui a fait de Pita un symbole.
Comme le disait Aimé Césaire : « Il n’est point vrai que l’œuvre d’un homme meurt avec lui. »
Oui, l’œuvre de Mahmoud Mazz nous survivra.
Et comme le rappelle l’adage peul : « Ce que tu laisses derrière toi est ton vrai héritage. »
Son héritage est là, vivant, dans nos mémoires.
Enfin, permettez-moi de conclure avec une parole du Saint Coran :
« Inna lillahi wa inna ilayhi raji‘un » — « Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons
».
Oui, Mahmoud Mazz est retourné vers son Seigneur.
Mais il restera à jamais vivant dans nos cœurs.
Repose en paix.
Tu resteras l’un des plus beaux visages de notre mémoire collective.
Amadou Thhierno Diallo, Ancien Ministre de la coopération internationale et Ancien fonctionnaire International.
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