La Guinée face au miroir de sa démocratie : maturité ou illusion (Par Chérif Sampiring Diallo Journaliste-Éditorialiste Écrivain, Essayiste ) ?

La démocratie n’est pas un slogan que l’on déclame à chaque élection. Elle est le fruit d’un long apprentissage, un équilibre fragile entre liberté, responsabilité et respect des institutions. Partout dans le monde, les démocraties ont traversé crises, excès et tâtonnements avant de s’enraciner. La Guinée, comme plusieurs nations africaines, est aujourd’hui à un carrefour décisif : avancer vers la maturité politique ou se perdre dans les illusions d’une démocratie encore incomprise.

Trop souvent, l’opposition confond liberté et anarchie. Des manifestations censées être pacifiques se transforment en violences, fragilisant la stabilité sociale et ébranlant la confiance des citoyens dans l’État. Les élections ne sont jugées crédibles que si elles produisent le résultat espéré, et chaque geste du pouvoir est aussitôt diabolisé. Cette logique de confrontation permanente affaiblit la stabilité institutionnelle, qui est pourtant le socle de toute démocratie durable.

La Guinée doit comprendre que la démocratie n’accepte pas les discours de haine et de division. Chaque différend ne doit pas être exposé à la place publique comme une arme politique. Le repli identitaire des partis et la manipulation des différences ethniques aggravent les tensions et retardent le progrès national. La tolérance, le dialogue et la responsabilité citoyenne sont des conditions essentielles pour préserver la paix sociale et consolider les institutions.

Construire une véritable démocratie en Guinée implique de dépasser les instincts de confrontation immédiate. Cela exige patience, lucidité et sens de l’intérêt général. La démocratie est un outil de cohésion nationale, pas une arme de destruction. La stabilité sociale et institutionnelle n’est pas un luxe : elle est la condition sine qua non pour un développement durable et pour que chaque citoyen se sente en sécurité et entendu.

La Guinée a le potentiel pour devenir un exemple en Afrique. Mais ce potentiel ne se réalisera que si nous choisissons de construire plutôt que de détruire, de rassembler plutôt que de diviser, et de faire de la démocratie un projet collectif et responsable. L’avenir du pays dépend de ce choix courageux et éclairé.

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