Conakry (Guinée ) / Un Homme, un Contexte, une Nécessité : Pourquoi la Candidature du Général Doumbouya en Décembre 2025 est un Acte de Responsabilité.
Dans le maelström des débats, des passions et des certitudes importés, la candidature potentielle du Général-Président Mamady Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 mérite d’être examinée non pas à travers le prisme figé des principes démocratiques abstraits, mais à la lumière de la nécessité nationale et de l’impératif de continuité réformatrice.
Les principes démocratiques, souvent invoqués comme des tables de la loi, ne sont pas des vérités transcendantes. Ils naissent, évoluent et se déploient dans des contextes précis. Or, la Guinée de 2025 n’est pas un laboratoire théorique : c’est une nation en reconstruction, sortie d’un long cycle d’immobilisme, de corruption et de confiscation du pouvoir. Ce que le pays réclame aujourd’hui, ce n’est pas un changement d’homme pour satisfaire un calendrier, mais la consolidation d’une œuvre de refondation entamée depuis 2021.
Le Mandat de la Rupture : Au-delà de l’Alternance pour l’Alternance
Le 5 septembre 2021 ne fut pas un coup d’État ordinaire, mais une rupture historique. Un cri collectif contre la dérive institutionnelle, l’arrogance du pouvoir et la trahison du pacte républicain. En prenant ses responsabilités, le Général Doumbouya n’a pas simplement pris le pouvoir ; il a pris sur lui le fardeau de rebâtir la République.
Exiger aujourd’hui qu’il se retire pour le seul respect formel de l’alternance, alors que les fondations mêmes de l’État sont encore fragiles, serait un luxe d’États stables, mais un suicide politique pour un pays en transition. L’histoire africaine est riche d’exemples où un départ précipité a rouvert les portes aux anciennes forces prédatrices. Laisser l’inachevé s’effondrer au nom du principe, c’est sacrifier la continuité sur l’autel de la symbolique.
Le Contexte et les Réalisations : la Réalité avant les Dogmes
Notre choix collectif ne doit pas être dicté par des « versets » de la démocratie occidentale, mais guidé par une lucidité contextualisée.
Trois faits majeurs s’imposent :
Une refondation inachevée : nul ne peut nier les efforts de l’administration actuelle pour assainir les finances publiques, moraliser la gestion de l’État et réformer l’armée. Ces chantiers ne sont pas des slogans ; ce sont des transformations de fond qui exigent du temps, de la cohérence et une direction stable. Les interrompre en 2025, au nom d’un principe mécanique, reviendrait à condamner la réforme avant sa maturité.
Une demande populaire de stabilité : le plébiscite massif autour de la nouvelle Constitution ne fut pas un simple vote technique, mais un acte de confiance. Ce vote a consacré une orientation, un cap, une espérance. En rejetant l’ancienne charte, les Guinéens ont exprimé clairement leur désir de continuité, de stabilité et de gouvernance responsable.
L’épreuve du leadership : dans un environnement sous-régional marqué par l’instabilité et face à des enjeux économiques stratégiques (Boffa, Simandou, corridors miniers), la Guinée a besoin d’un capitaine solide. Le Général Doumbouya a démontré sa capacité à incarner la souveraineté nationale, à maintenir la cohésion et à restaurer l’autorité de l’État.
Une Candidature de Responsabilité, Non d’Ambition
Si le Général Doumbouya venait à se porter candidat, il ne s’agirait pas d’une fuite en avant ou d’une ambition personnelle, mais d’un devoir de continuité. La logique de responsabilité commande parfois la persévérance, non le retrait. Dans un contexte aussi fragile, se retirer avant la consolidation des institutions serait abandonner le processus de refondation au hasard des convoitises politiques.
L’enjeu n’est donc pas de savoir si Doumbouya « a le droit » de se présenter, mais s’il en a le devoir. Et tout indique que la Guinée n’a pas encore atteint le seuil de stabilité permettant une alternance sans régression.
De la Démocratie Formelle à la Démocratie Substantielle
Il est temps pour la Guinée de s’affranchir du fétichisme institutionnel. La démocratie véritable n’est pas celle des rituels électoraux, mais celle qui produit des résultats concrets, protège la souveraineté nationale et garantit la justice sociale.
Le fatalisme consiste à croire que l’alternance automatique est une vertu en soi. Le réalisme consiste à reconnaître que, parfois, la stabilité passe par la continuité. Ce que la Guinée vit n’est pas un reniement des principes démocratiques, mais leur réinterprétation pragmatique au service de la nation.
Le Général Mamady Doumbouya incarne cette continuité lucide, cette fermeté nécessaire, cette refondation encore fragile.
La Guinée a retrouvé son souffle ; il lui faut encore son souffleur.
Chérif Sampiring Diallo pour Réveil-Africain.org.org
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