Bissau (Guinée-Bissau) : Le dirigeant de G.-Bissau lance sa campagne électorale dans un État où l’opposition principale est absente.

Par Réveil-Africain.Org avec AFP.

La campagne pour les élections législatives et présidentielles de Guinée-Bissau a officiellement débuté samedi, le président sortant Umaro Sissoco Embalo rassemblant ses partisans dans la capitale avant le scrutin du 23 novembre, auquel le principal parti d’opposition a été disqualifié.

Embalo était le seul des douze candidats à la présidentielle à avoir commencé sa campagne le premier jour de la période de trois semaines.

Il a rassemblé des milliers de partisans qui portaient des T-shirts à son effigie et les mêmes keffiehs rouges et blancs qu’il porte souvent sur la tête.

Son principal rival, Domingos Simões Pereira, a rencontré plusieurs candidats à la présidence pour solliciter son soutien. Simões Pereira est inéligible, de même que le parti PAIGC et la coalition Pai Terra Ranka qu’il dirige. Il a finalement signé un accord avec le candidat indépendant Fernando Dias, engageant ainsi le PAIGC à soutenir sa candidature au premier tour des élections.

La campagne officielle a débuté le lendemain de l’annonce par l’armée de Guinée-Bissau d’une « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel » et de l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs.

Les autorités ont déclaré que cet épisode visait à perturber le processus électoral.

« Justice… pour tous » :

La stabilité politique est l’un des enjeux majeurs de cette élection, ce pays d’Afrique de l’Ouest ayant connu quatre coups d’État depuis son indépendance, le dernier remontant à 2012.

Lors du rassemblement de samedi, qui s’est tenu sur une place publique à mi-chemin entre le centre-ville et l’aéroport, Embalo a fait allusion à la tentative de subversion présumée.

« La justice sera rendue à tous dans ce pays. Et personne ne sera au-dessus des lois », a-t-il déclaré à ses partisans.

Il a ajouté que lui et son Premier ministre avaient décidé de ne pas porter de gilets pare-balles, soulevant sa chemise pour le montrer à la foule.

Embalo bénéficie du soutien de la plateforme No Kumpu Guine, une coalition de 19 partis politiques qui appuient sa candidature.

L’ancien Premier ministre Nuno Gomes Nabiam, portant un keffieh rouge et blanc autour du cou, a déclaré à l’AFP qu’il soutenait Embalo « parce que nous savons qu’avec lui, la stabilité de notre pays sera garantie ».

Felix Nandungue, chef du Parti du renouveau social, membre de la plateforme No Kumpu Guine, a déclaré qu’il était convaincu qu’avec Embalo, « la victoire était assurée dès le premier tour ».

Ce vote marque une première dans l’histoire de la Guinée-Bissau : le parti PAIGC, qui a mené l’ancienne colonie portugaise à l’indépendance en 1974, sera absent des urnes.

Pereira, Pai Terra Ranka et PAIGC ont été radiés de la liste définitive des partis et candidats publiée en octobre par la Cour suprême de Guinée-Bissau. Celle-ci a jugé que leurs demandes officielles avaient été déposées trop tard.

Les experts estiment que la victoire d’Embalo est beaucoup plus probable compte tenu de l’élimination de son adversaire le plus sérieux.

Au total, 14 partis, dont la coalition No Kumpu Guine, se présenteront pour les 102 sièges au Parlement.

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