Conakry (Guinée ) : Le chef de la junte guinéenne entre officiellement dans la course à la présidence.
La Rédaction Avec AFP.
Le chef de la junte guinéenne, le général Mamady Doumbouya, est officiellement entré dans la course présidentielle lundi, en soumettant sa candidature à la Cour suprême avant les élections du 28 décembre, destinées à rétablir l’ordre constitutionnel après le coup d’État de 2021.
Depuis son arrivée au pouvoir, Doumbouya dirige ce pays d’Afrique de l’Ouest d’une main de fer. Malgré sa promesse initiale de rétablir un régime civil, on s’attendait généralement à ce qu’il se présente à l’élection présidentielle. Arrivé et reparti de la Cour suprême à bord d’un véhicule blindé, entouré de forces spéciales, Doumbouya n’a fait aucune déclaration.
Des milliers de partisans venus de tout le pays, qui avaient fait le voyage jusqu’à la capitale en bus, se sont rassemblés devant le tribunal avant sa déposition officielle.
La Guinée, pays appauvri, est depuis longtemps ravagée par les coups d’État et la violence des régimes autoritaires.
Cependant, le pays a connu une période de transition démocratique suite à l’élection, en novembre 2010, d’Alpha Condé, figure emblématique de l’opposition de longue date et premier président librement élu du pays. Cette période a pris fin lorsque Doumbouya a pris le pouvoir en septembre 2021 et a renversé Condé.
Les Guinéens et la communauté internationale réclamaient ce vote, censé ramener le pays de 14,5 millions d’habitants à l’ordre constitutionnel après quatre années de régime militaire.
Fin septembre, les Guinéens ont approuvé une nouvelle constitution qui ouvrait la voie aux élections et autorisait également Doumbouya à se présenter à la présidence.
L’opposition guinéenne avait appelé les électeurs à rester chez eux, dénonçant le référendum comme une « mascarade » permettant à la junte de se maintenir au pouvoir.
Cependant, les Guinéens se sont rendus en masse aux urnes et ont massivement choisi de mettre en œuvre la constitution, avec 89 % de votes favorables à la charte, selon les résultats officiels.
Depuis son arrivée au pouvoir, Doumbouya, qui est quadragénaire, a considérablement restreint les libertés.
La junte a interdit les manifestations et a arrêté, poursuivi ou forcé à l’exil plusieurs dirigeants de l’opposition, dont certains ont été victimes de disparitions forcées.
Plusieurs médias ont également été suspendus et des journalistes arrêtés.
Plusieurs autres candidats ont également déposé officiellement leur candidature lundi, dont le président du parti Front de l’Alliance nationale (FAN), Makale Camara, ancien ministre des Affaires étrangères. Camara a qualifié de « vision étriquée » les critiques selon lesquelles elle et d’autres candidats étaient autorisés à se présenter uniquement pour donner à l’élection une apparence d’authenticité.
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