Bissau (Guinée-Bissau) : Des soldats déployés près du palais présidentiel de G.Bissau après des coups de feu.

Par Réveil-Africain.Org avec AFP.

Des soldats ont pris le contrôle de la route principale menant au palais présidentiel de Guinée-Bissau mercredi après de violents coups de feu, alors que ce pays d’Afrique de l’Ouest, frappé par la pauvreté, attend les résultats d’une élection revendiquée par les deux principaux candidats à la présidence.

Les soldats, issus de la garde présidentielle et d’une unité d’élite de la gendarmerie, contrôlaient la zone désertée alors que le calme était revenu et que les tirs avaient cessé pour le moment, ont constaté des journalistes de l’AFP présents sur place.

Des centaines de personnes, à pied et en véhicules, ont fui pour se mettre à l’abri au fur et à mesure que les coups de feu retentissaient.

On ignorait mercredi midi où se trouvait le président sortant Umaro Sissoco Embalo, favori pour remporter sa réélection. Embalo et le candidat de l’opposition, Fernando Dias, ont tous deux déjà revendiqué la victoire dans cette élection qui, jusqu’à mercredi, s’était déroulée dans le calme.

Les résultats provisoires officiels du scrutin sont attendus jeudi dans ce pays d’Afrique de l’Ouest en proie à de nombreux troubles, qui a connu quatre coups d’État depuis son indépendance, ainsi que de multiples tentatives de coup d’État.

Un passant fuyant la scène chaotique a déclaré à l’AFP : « On a l’habitude de ça à Bissau. »

La Guinée-Bissau figure parmi les pays les plus pauvres du monde et constitue également une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique latine et l’Europe, un commerce facilité par la longue histoire d’instabilité politique du pays.

Revendications de victoire :

Les deux candidats avaient déjà proclamé leur victoire sans apporter beaucoup de preuves à l’appui de leurs affirmations.

« Il n’y aura pas de second tour », a déclaré mardi à l’AFP le porte-parole de la campagne d’Embalo, Oscar Barbosa, ajoutant que le président « aura un second mandat ».

Dias a également proclamé sa victoire, déclarant dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux : « Cette élection est gagnée, elle est gagnée dès le premier tour. » Le dernier scrutin présidentiel en Guinée-Bissau en 2019 a été marqué par une crise post-électorale de quatre mois, les deux principaux candidats revendiquant la victoire.

L’élection opposait Embalo à Domingos Simões Pereira, candidat du principal parti d’opposition du pays, le PAIGC, qui avait obtenu l’indépendance de la Guinée-Bissau vis-à-vis du Portugal en 1974.

Les élections de 2025 dans le pays ont notamment exclu le PAIGC et Pereira, qui ont été retirés de la liste finale des candidats et des partis par la Cour suprême, laquelle a déclaré qu’ils avaient déposé leurs demandes officielles trop tard.

En 2023, Embalo a dissous le parlement – ​​dominé par l’opposition – et gouverne depuis par décret.

L’opposition affirme que l’exclusion du PAIGC des élections présidentielles et parlementaires équivaut à une « manipulation » et soutient que le mandat d’Embalo a expiré le 27 février, cinq ans jour pour jour après son investiture.

Plus de 6 780 membres des forces de sécurité, y compris de la Force de stabilisation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont été déployés pour le vote et la période post-électorale.

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