A Labé, Cellou Baldé consacre le temps des générations et redéfinit l’horizon du pouvoir ( Par Chérif Sampiring Diallo Journaliste-Éditorialiste Écrivain et Essayiste ).
Labé a été, une fois encore, le théâtre d’un discours à forte portée symbolique et politique. Face à une foule attentive, le ministre Cellou Baldé n’a pas simplement parlé de pouvoir ou de gouvernance. Il a posé un acte intellectuel fort : celui de la transition générationnelle comme condition du progrès.
Sans jamais tomber dans la provocation directe ni dans l’invective, le message était limpide. Le temps politique, comme le temps historique, obéit à une loi implacable : celle du renouvellement. Dans une adresse d’une rare subtilité, Cellou Baldé a rappelé que chaque génération a sa mission, son moment, sa responsabilité. Et qu’il arrive un instant où la plus grande sagesse n’est plus de s’accrocher au pouvoir, mais de le transmettre.
Ce n’était pas un procès des anciens, encore moins une négation de leur apport. C’était plutôt une mise en perspective. Une invitation à comprendre que l’histoire avance, que les peuples évoluent, et que la gouvernance moderne exige énergie, audace, innovation et proximité avec les réalités contemporaines. Autant de qualités que porte aujourd’hui une nouvelle génération aux commandes de l’État.
A travers ce discours, Cellou Baldé a opéré ce que beaucoup n’osent pas faire : une rupture douce mais assumée. Une rupture sans brutalité, mais sans ambiguïté. Il a rappelé que le pouvoir n’est pas un patrimoine à conserver indéfiniment, mais une charge à exercer à un moment donné, avant de passer le relais. Une vision presque philosophique de la politique, où la transmission devient un acte de responsabilité nationale.
Dans cette lecture, les anciens dignitaires ne sont pas rejetés, mais appelés à un autre rôle : celui de sages, de repères, de mémoires vivantes. Le temps de l’action directe leur a appartenu. Celui de l’accompagnement et du recul leur revient désormais. L’essentiel étant de laisser la place à ceux qui portent aujourd’hui la dynamique du changement.
Ce discours, salué par de nombreux observateurs, sonne comme un tournant. Il consacre l’idée que la jeunesse n’est plus seulement l’avenir, mais le présent du pouvoir. Et surtout, que les résultats visibles de la gouvernance actuelle ne sont pas le fruit du hasard, mais celui d’un renouvellement assumé des élites.
A Labé, Cellou Baldé n’a pas seulement parlé. Il a marqué les esprits. En quelques phrases soigneusement pesées, il a politiquement désarmé les anciennes figures sans les nommer, en les renvoyant à une vérité universelle : nul ne peut éternellement occuper le devant de la scène. Le pouvoir est une question de génération, et l’histoire, elle, ne fait jamais marche arrière.
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