Genève (Suisse ) / Guinée : la campagne présidentielle entachée par des « intimidations », selon l’ONU.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

La campagne présidentielle en Guinée, où le chef de la junte au pouvoir, le général Mamadi Doumbouya, part favori, est marquée par des intimidations, a annoncé vendredi l’ONU, exhortant les autorités à garantir un environnement exempt de peur, de coercition et de répression.

Malgré sa promesse initiale, lors de sa prise de pouvoir en 2021, de rendre les rênes aux civils, le chef de la junte, le général Mamadi Doumbouya, se présente à la présidence dans un scrutin d’où les principaux opposants ont été exclus.

« À l’approche de l’élection présidentielle de dimanche en Guinée, l’espace civique et politique a été sévèrement restreint, avec des intimidations visant des acteurs de l’opposition, des disparitions forcées apparemment motivées politiquement, et des restrictions de la liberté des médias », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, dans un communiqué.

L’opposition guinéenne appelle au boycott du scrutin, qui intervient après un mandat marqué par la répression, les emprisonnements et les disparitions de figures de l’opposition.

M. Türk a déclaré que plusieurs cas de disparition forcée restaient non élucidés, notamment ceux de quatre proches de l’artiste et figure de l’opposition Elie Kamano, portés disparus depuis le 16 novembre.

Sanassy Keita, un photographe proche de l’ancien président Alpha Condé (2010-2021), est également porté disparu depuis son enlèvement par des hommes armés le 27 novembre, a-t-il ajouté.

« Le moment choisi et le caractère manifestement ciblé de ces incidents intimident les figures de l’opposition, perturbent la campagne électorale et freinent la mobilisation des électeurs », a dénoncé M. Türk. « Ils contribuent à créer un climat de peur parmi les acteurs politiques et la population en général, et risquent de compromettre la crédibilité du processus électoral ».

Quelque 6,8 millions d’électeurs du pays d’Afrique de l’Ouest sont appelés aux urnes dimanche pour élire leur président parmi neuf candidats, dont M. Doumbouya, 41 ans, qui se présente en indépendant. Ses adversaires sont relativement inconnus, les principales figures de l’opposition ayant été exclues de la course.

« J’exhorte les autorités à enquêter rapidement et impartialement sur toutes les allégations de disparitions forcées, déterminer le sort et le lieu où se trouvent les disparus et veiller à ce que les responsables (…) soient traduits en justice », a ajouté M. Türk.

« Elles doivent également protéger les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et de participation politique au processus électoral, en garantissant un climat exempt de peur, de coercition et de répression », a-t-il encore dit.

Mamadi Doumbouya a restreint les libertés individuelles et la junte interdit les manifestations depuis 2022. De nombreux opposants ont été arrêtés, jugés ou contraints à l’exil.

Depuis son indépendance en 1958, la Guinée a connu une histoire complexe marquée par des régimes militaires et autoritaires. Bien qu’elle soit riche en minéraux, plus de la moitié de ses habitants vit sous le seuil de pauvreté, selon les chiffres de la Banque mondiale pour 2024.

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