Labé (Guinée) : L’Emprise D’un Homme Qui Fragilise Les Institutions Médiatiques (Par Chérif Sampiring Diallo, Journaliste-Éditorialiste, Écrivain-Essayiste).
Dans l’univers médiatique guinéen, l’équilibre entre les différents acteurs est essentiel pour garantir la crédibilité et la liberté de la presse. A Labé, pourtant, cet équilibre semble être ébranlé par l’influence croissante d’un seul homme : Alpha Oumar Mosquée. En tant que directeur de la Radio Rurale de Labé, il occupe une fonction qui devrait se limiter à la gestion de la station, à l’organisation des programmes et à la coordination de son équipe. Cependant, loin de rester cantonné à ses prérogatives, son emprise sur le paysage médiatique local dépasse largement les murs de la radio.
Il est devenu un point de passage obligé pour toutes les démarches administratives liées à la presse à Labé, ce qui le place au centre de tout ce qui touche aux médias locaux. Son influence grandissante semble réduire au silence les autres acteurs du secteur, brouillant les frontières entre ses responsabilités de gestionnaire et un rôle non officiel qu’il s’attribue de manière excessive. En effet, au lieu de se concentrer sur son travail de directeur de radio, Alpha Oumar Mosquée semble se considérer comme une figure incontournable de la presse à Labé, manipulant les fils du secteur médiatique en fonction de ses propres intérêts.
L’omniprésence de cet homme au cœur de la scène médiatique de Labé crée un déséquilibre dangereux. Lorsque la presse locale se trouve constamment sous son influence, cela fragilise les bases mêmes du journalisme, en particulier l’indépendance des rédactions et la pluralité des voix. Un directeur de radio, en dehors de ses fonctions strictement professionnelles, n’a pas à jouer ce rôle central ni à exercer de facto une autorité sur l’ensemble du secteur médiatique. Cette concentration du pouvoir entre ses mains devient un risque pour l’intégrité du journalisme à Labé. La presse ne doit pas être un terrain d’influence personnelle, mais un espace de liberté et de diversité.
Ce phénomène soulève une question fondamentale : comment peut-on garantir une information pluraliste et indépendante quand une seule personne parvient à concentrer autant de pouvoirs et d’influence ? En devenant un acteur incontournable et en accaparant les décisions qui concernent les médias locaux, Alpha Oumar Mosquée fragilise d’autant plus l’indépendance des journalistes et compromet leur capacité à exercer leur métier sans pression ni ingérence extérieure.
Il est donc impératif de rétablir un équilibre dans le paysage médiatique de Labé, en replaçant chaque acteur dans son rôle légitime. La presse doit retrouver sa vocation d’espace de liberté et de diversité d’opinions, et les journalistes doivent pouvoir travailler dans un environnement où ils ne sont pas sous l’emprise d’une figure dominante.
Le retour à une pratique journalistique professionnelle, centrée sur l’éthique et la déontologie, est une condition sine qua non pour garantir la pluralité de l’information et restaurer la confiance du public. A cet égard, les autorités locales et les partenaires du secteur doivent veiller à ce que les acteurs de la presse respectent les structures institutionnelles en place, sans permettre qu’une personne prenne le contrôle de l’ensemble du secteur.
Labé mérite une presse indépendante et respectueuse de ses principes, où chaque journaliste et chaque média peut jouer pleinement son rôle sans craindre de subir des pressions extérieures. L’intérêt général doit primer sur les ambitions personnelles, et c’est ainsi que la presse pourra retrouver sa mission première : informer et éclairer le public avec professionnalisme et impartialité.
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