Conakry (Guinée) : Une société minière des Émirats conteste le retrait de sa licence en Guinée.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
La société minière Axis International a déclaré lundi qu’elle demandait un arbitrage auprès de la Banque mondiale contre la Guinée pour le retrait de son droit d’exploiter une importante mine de bauxite dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
La Guinée, dirigée par une junte depuis un coup d’État en 2021, a annulé ces derniers mois des dizaines de licences accordées à des entreprises internationales et nationales exploitant de la bauxite, de l’or, du minerai de fer ou des diamants.
Axis International, dont le siège social se trouve aux Émirats arabes unis, exploitait depuis 2010 la deuxième plus grande mine de bauxite de Guinée, avec des réserves estimées à plus de 800 millions de tonnes.
La société a déclaré avoir fait appel auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une organisation de la Banque mondiale basée à Washington, D.C., réclamant 28 milliards de dollars d’indemnisation au gouvernement guinéen.
Axis International a déclaré dans un communiqué avoir déjà tenté à plusieurs reprises de parvenir à un règlement à l’amiable, tentatives ignorées par la junte de Conakry.
La société a déclaré rejeter l’argument de la Guinée selon lequel la mine était inactive et sous-exploitée.
Mamady Doumbouya, général qui a dirigé la junte ayant pris le pouvoir il y a quatre ans, a fait de l’exploitation des réserves minières de Guinée une priorité pour son gouvernement.
En novembre, le gouvernement a lancé l’exploitation de l’un des plus grands gisements de minerai de fer au monde, Simandou, dans le sud-est du pays, lors d’une grande cérémonie.
La Guinée figure parmi les principaux producteurs mondiaux de bauxite, utilisée pour la production d’aluminium.
Elle possède également d’importants gisements de minerai de fer, de diamants, d’or et d’uranium.
Mais la répartition des revenus issus de leur exploitation est perçue comme inéquitable, profitant principalement aux compagnies minières et non à la population locale.
Les experts attribuent cela à un manque d’investissement dans le développement économique local et les infrastructures, notamment routières, ainsi qu’à la corruption et aux lacunes du cadre juridique.
Depuis sa prise de pouvoir, Doumbouya a réprimé les libertés civiles, interdit les manifestations et procédé à des arrestations, des procès ou des exils parmi ses opposants.
Il est le favori de l’élection présidentielle qui s’est tenue dimanche, alors que le dépouillement des votes est toujours en cours.
D’après la Banque mondiale, plus de la moitié de la population guinéenne vit dans la pauvreté.
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