Conakry (Guinée ) : Le chef de la junte guinéenne en tête de la course présidentielle : résultats partiels.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Le chef de la junte guinéenne, Mamady Doumbouya, qui avait promis de ne pas se présenter à une élection après avoir pris le pouvoir il y a quatre ans, est largement en tête des élections présidentielles qui se sont tenues ce week-end, selon les premiers résultats publiés lundi soir.
Doumbouya, 41 ans, affrontait huit rivaux à la présidence, mais les principaux chefs de l’opposition ont été empêchés de se présenter et ont appelé au boycott du vote.
En se présentant, le général a renié sa promesse initiale de ne pas briguer de mandat et de rendre le pouvoir civil à cette nation ouest-africaine riche en minéraux mais pauvre d’ici la fin de 2024.
Il est largement arrivé en tête dans les districts de la capitale Conakry, remportant souvent plus de 80 % des voix, selon les résultats partiels officiels lus sur la chaîne de télévision publique RTG par Djenabou Touré, directeur général des élections.
Doumbouya avait une avance similaire dans plusieurs autres régions, notamment à Coyah, une ville près de Conakry, et dans d’autres parties du pays, comme Boffa et Fria à l’ouest, Gaoual au nord-ouest, le nord de Koundara et Labe, et Nzerekore au sud-est.
Le taux de participation aux urnes de dimanche était de 85 %, a déclaré Touré.
Cependant, un mouvement citoyen réclamant le retour d’un pouvoir civil a contesté ce chiffre.
« Une très large majorité de Guinéens a choisi de boycotter cette mascarade électorale », a déclaré lundi le Front national pour la défense de la Constitution dans un communiqué.
En septembre 2021, Doumbouya a mené un coup d’État pour renverser le premier président librement élu de Guinée, Alpha Condé.
Il a réprimé les libertés civiles et interdit les manifestations, tandis que ses opposants ont été arrêtés, traduits en justice ou contraints à l’exil.
Allégations de « bourrage des urnes » :
Le candidat Abdoulaye Yero Balde a dénoncé de « graves irrégularités », citant notamment dans un communiqué publié lundi soir le refus d’accorder à ses représentants l’accès aux centres de dépouillement et des « bourrages d’urnes » dans certaines régions.
Un autre candidat, Faya Millimono, a dénoncé des « actes de banditisme électoral » liés, selon lui, à des pressions exercées sur les électeurs.
Fin septembre, les Guinéens ont approuvé une nouvelle constitution lors d’un référendum qui autorisait les membres de la junte à se présenter aux élections, ouvrant ainsi la voie à la candidature de Doumbouya.
Elle a également allongé le mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable une fois.
Le chef de l’opposition et ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo était l’un des trois chefs de l’opposition empêchés de se présenter aux élections par la nouvelle constitution.
Diallo a été exclu car il vit en exil et sa résidence principale se situe hors de Guinée.
L’ancien président Condé, renversé par Doumbouya en 2021, et l’ancien Premier ministre Sidya Touré, tous deux vivant également en exil, ont dépassé la limite d’âge maximale de 80 ans.
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