Conakry (Guinée) / UFDG : quand la politique des cailloux rencontre le mur du réel (Par Chérif Sampiring Diallo Journaliste-Éditorialiste Écrivain-Essayiste).

A un moment donné, il faut savoir s’arrêter, regarder autour de soi… et admettre que la méthode n’a pas marché. En Guinée, ce moment est arrivé depuis longtemps, mais l’UFDG continue de faire semblant de ne pas avoir vu l’heure.

Car enfin, combien de marches, combien de mots d’ordre enflammés, combien de slogans recyclés avant de comprendre que le style « section–cailloux » n’est pas un projet politique ? Que l’agitation permanente ne remplace ni la vision, ni l’adaptation, ni le sens de l’histoire ?

Pendant que certains répétaient les mêmes gestes, les mêmes colères, les mêmes indignations mécaniques, le pays, lui, a changé de tempo. Et dans ce nouveau rythme est apparu un homme que l’UFDG n’a jamais su lire : le Général Mamadi Doumbouya.

GMD n’est pas arrivé avec des cris. Il est arrivé avec un fait : l’autorité. Là où l’UFDG parlait depuis des années d’alternance comme d’un mythe lointain, lui a imposé une rupture nette. Là où l’opposition promettait demain, il a posé aujourd’hui, brutalement peut-être, imparfaitement sans doute, mais concrètement.

Et c’est peut-être cela le drame de l’UFDG : elle s’est battue contre des régimes, mais jamais contre sa propre obsolescence. Elle a cru que l’histoire lui devait quelque chose. L’histoire ne doit rien à personne.

Soyons honnêtes : la Guinée de 2026 n’est plus celle des années de cris, de pneus brûlés et de discours en boucle. Le peuple veut des actes, de l’ordre, une direction, pas un éternel refrain d’opposant professionnel. A force de confondre résistance et répétition, l’UFDG a fini par devenir prévisible. Et en politique, être prévisible, c’est déjà perdre.

Ironie suprême : pendant que l’UFDG continue de dénoncer, GMD, lui, avance. Il dérange, il divise, il impose, il décide. Bref, il gouverne. Et le pays, fatigué des éternels « on nous a volés », regarde désormais vers celui qui agit, même imparfaitement, plutôt que vers ceux qui protestent parfaitement… dans le vide.

Ce texte n’est pas une insulte à l’UFDG. C’est son oraison lucide. Elle fut un parti. Elle fut une force. Elle fut un espoir.
Mais aujourd’hui, elle est surtout un rappel : la politique n’est pas un musée, et les méthodes d’hier ne gagnent pas les batailles d’aujourd’hui.

GMD a compris une chose essentielle que l’UFDG a refusé d’admettre :
la Guinée n’attend plus qu’on crie contre le pouvoir.
Elle attend qu’on l’exerce.

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