Bangui (Centrafrique ) / Centrafrique: un employé français d’ONG arrêté, soupçonné de « déstabilisation ».

Par Réveil-Africai.Org Avec AFP.

Un employé français d’une ONG humanitaire a été interpellé dans le sud-est de la Centrafrique, soupçonné « d’activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire » dans cette zone, annonce lundi le ministère centrafricain de la Défense dans un communiqué.

Ce citoyen français, employé selon le ministère par l’ONG Médecins Sans Frontière (MSF), a été interpellé le 3 mars, aux alentours de la localité de Zémio.

Cette annonce intervient peu avant le déplacement prévu jeudi à Bangui du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot qui doit y rencontrer le président centrafricain Faustin Archange Touadéra. Cette visite est la première en Centrafrique d’un chef de la diplomatie français depuis sept ans.

Les relations entre la Centrafrique et la France, ex-puissance coloniale, se sont fortement dégradées ces dernières années à mesure que la Russie y renforçait son influence.

Contactée par l’AFP à Bangui, MSF n’a pas souhaité commenter.

Selon le ministère centrafricain de la Défense, l’arrestation de ce Français est justifiée par « de sérieux soupçons d’activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire dans la préfecture du Haut-Mbomou », notamment « des contacts avec des éléments criminels » et « une agitation subversive auprès de la population locale de l’ethnie azandé » pour « la dresser contre les autorités légalement élues en RCA ».

D’après le ministère, l’homme, détenu par la gendarmerie, est entré illégalement en Centrafrique depuis la République démocratique du Congo (RDC) en contournant les points de passage établis et ne disposait pas de document justifiant de la légalité de sa présence sur le territoire centrafricain.

Il sera transféré dans les prochains jours à Bangui pour « établir toutes les circonstances de l’affaire, y compris » son « implication possible (…) dans un réseau plus large de déstabilisation des institutions républicaines ».

La situation sécuritaire en Centrafrique, Etat enclavé d’Afrique centrale, s’est améliorée après la sanglante guerre civile des années 2010. Mais la ville de Zémio et la préfecture du Haut-Mbomou, à la frontière avec le Soudan du Sud et la RDC, sont des zones particulièrement sensibles pour les autorités.

Des affrontements y ont notamment opposé début janvier l’armée centrafricaine, épaulée par des paramilitaires russes, à la milice Azandé Ani Kpi Gbè (AAKG), un groupe armé issu de la communauté Azandé, majoritaire dans la région.

Dans son communiqué, le ministère centrafricain fait état dans la zone de « tentatives d’ingérence extérieures et de la diffusion de fausses informations dans le but de saper la confiance de la population envers les autorités légitimes et leurs alliés ».

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