Conakry (Guinée) : Défense de l’action de la BCRG et l’effort d’injection de liquidité.
Le gouverneur Karamo Kaba a commencé par un plaidoyer direct en faveur de son institution : « Honnêtement, la Banque centrale est plutôt à féliciter. » Cette déclaration met en lumière la conviction que la BCRG a accompli une performance remarquable et historiquement significative. L’argument central de sa défense repose sur l’ampleur sans précédent des injections monétaires : « Parce que jamais dans l’histoire moderne de la Guinée, on a injecté autant d’argent en si peu de temps. »
Cette affirmation est cruciale, car elle place l’action actuelle de la BCRG dans une perspective historique et insiste sur son caractère exceptionnel. L’injection massive et rapide de liquidités est présentée comme une démarche volontariste et énergique, probablement destinée à stimuler l’activité économique, répondre à des besoins de financement ou contrer un manque de monnaie fiduciaire en circulation.
Le Défi du Retour des Billets et la Justification de l’Injection :
Néanmoins, le gouverneur a également révélé un indicateur financier qui souligne le défi persistant auquel est confrontée la Banque centrale : la faible réintégration des billets dans le système bancaire. Il a précisé : « Sur 100 billets que nous injectons aujourd’hui, il n’y a que 6 qui reviennent. »
Ce chiffre est très évocateur. Il signifie que 94% des liquidités injectées par la BCRG ne reviennent pas rapidement dans les caisses de la Banque centrale ou des banques commerciales. Ce phénomène peut être interprété de plusieurs manières, toutes complexes pour la politique monétaire :
a-Thésaurisation : Une grande partie de l’argent pourrait être détenue « sous le matelas » par les ménages et les entreprises, par manque de confiance dans le système bancaire ou par préférence pour la liquidité immédiate.
b-Fuite des capitaux/Circulation informelle : L’argent injecté circule intensément dans le secteur informel ou peut potentiellement quitter le pays.
c-Problèmes de Structure Bancaire : Le système bancaire pourrait ne pas être suffisamment incitatif ou étendu pour capter efficacement ces fonds.
Malgré ce taux de retour très faible (6%), Karamo Kaba a conclu en réaffirmant le bien-fondé de la politique menée : « Donc il y a un vrai effort d’injection », a-t-il justifié. Son discours visait ainsi à distinguer l’effort d’approvisionnement (l’injection) du défi de la circulation et de la réintégration (le retour). L’objectif premier, l’injection massive, est atteint, et c’est sur cet « effort » que la Banque centrale souhaite être jugée favorablement.
L’intervention du gouverneur Karamo Kaba est une défense stratégique soulignant l’engagement historique de la BCRG à fournir des liquidités, tout en reconnaissant implicitement les difficultés structurelles liées à la rétention de ces fonds hors du circuit bancaire formel.
Par Réveil-Africain.Org
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