Khartoum (Soudan) : Au moins 15 morts dans une attaque contre une ville du sud du Soudan : source médicale.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

Une série de frappes attribuées à l’armée soudanaise dans la ville de Lagawa, au sud du pays, a fait au moins 15 morts lundi, selon une source médicale, tandis que des forces paramilitaires rivales ont lancé une offensive près de la frontière éthiopienne.

La région du Kordofan méridional du Soudan est actuellement le champ de bataille le plus féroce de la guerre qui dure depuis trois ans entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR), une force paramilitaire qui contrôle l’État du Kordofan occidental où se trouve Lagawa.

« Quinze corps et 23 blessés sont arrivés à l’hôpital en provenance de trois quartiers différents », a indiqué à l’AFP une source médicale de la ville, sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.

Les RSF ont accusé l’armée d’avoir perpétré l’attaque, la qualifiant de faisant partie du « bombardement systématique des hôpitaux, des marchés et des quartiers résidentiels des villes de Kordofan et du Darfour par l’armée, à l’aide de drones ».

Les deux camps ont été régulièrement accusés de crimes de guerre, notamment de bombardements aveugles et de ciblage de civils.

À travers le pays, la guerre a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé quelque 11 millions, engendrant les plus graves crises de faim et de déplacement de population au monde.

Le Kordofan est une vaste région qui relie les bastions des RSF dans la région occidentale du Darfour à l’est contrôlé par l’armée.

Des frappes de drones quasi quotidiennes ont fait des dizaines de morts à la fois dans toute la région, où l’armée a tenté d’endiguer l’avancée des RSF, les repoussant vers le Darfour et loin de la capitale Khartoum.

Vendredi, une frappe de drone de l’armée a ravagé un hôpital à El-Daein, capitale de l’État du Darfour oriental et porte d’entrée de la région, tuant au moins 64 personnes.

La semaine dernière, un autre attentat attribué aux RSF dans la ville frontalière de Tine, à l’ouest du Darfour, a fait 17 morts au Tchad, dernier épisode en date des répercussions du conflit.

Frontière éthiopienne :

De l’autre côté du troisième plus grand pays d’Afrique, les RSF ont lancé une offensive sur le territoire de l’armée le long de la frontière orientale du Soudan avec l’Éthiopie.

Le contrôle de l’État du Nil Bleu, dans le sud-est du Soudan, frontalier de l’Éthiopie et du Soudan du Sud, est partagé entre l’armée et les alliés des RSF, une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) dirigée par Abdelaziz al-Hilu.

Le front oriental est le théâtre depuis des mois d’affrontements sporadiques, les troupes paramilitaires progressant lentement vers le nord depuis les bastions méridionaux du SPLM-N.

Deux sources, l’une issue de l’armée et l’autre des RSF, ont indiqué à l’AFP que de violents combats avaient éclaté dimanche juste au sud de la ville frontalière d’Al-Kurmuk, position clé de l’armée dans la région.

Selon une source des RSF et un communiqué du SPLM-N, l’offensive conjointe a permis de capturer la zone de Gurt, juste au sud d’Al-Kurmuk.

« Nos forces poursuivent leur avancée sur Al-Kurmuk », a déclaré la source des RSF.

Depuis son point d’ancrage dans le sud du Nil Bleu, une mince bande de terre s’avançant vers le sud entre l’Éthiopie et le Soudan du Sud, le SPLM-N maintient des lignes d’approvisionnement signalées en provenance des deux pays, s’appuyant sur des liens vieux de plusieurs décennies.

Ce mois-ci, l’armée soudanaise a déclaré que des attaques de drones avaient été lancées « depuis le territoire éthiopien », constituant ainsi la première accusation d’implication de l’Éthiopie dans la guerre.

L’Éthiopie a par ailleurs démenti les accusations selon lesquelles elle abriterait des camps des RSF.

Juste de l’autre côté de la frontière, face à la base régionale de Yabus du SPLM-N, des images satellites analysées par l’AFP montrent un développement important à l’aéroport d’Asosa en Éthiopie, qui servait auparavant de base pour drones.

L’an dernier, les RSF ont amené des milliers de combattants en Éthiopie, ont indiqué à l’AFP une source au sein des RSF et une source militaire.

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