Abidjan (Côte d’Ivoire) : l’accumulation des stocks de cacao pose un sérieux défi.
La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, est confrontée à une situation de plus en plus délicate : l’accumulation massive et inattendue de stocks de fèves de cacao. Ce phénomène, qualifié de « casse-tête » par de nombreux acteurs du secteur, soulève des inquiétudes majeures quant à la gestion de la récolte, la capacité de stockage et, in fine, l’impact sur les prix mondiaux et les revenus des planteurs.
Plusieurs facteurs convergents expliquent cette accumulation. Premièrement, la récolte 2025/2026, notamment la récolte principale (octobre à mars), a été particulièrement abondante, dépassant les prévisions initiales. Des conditions climatiques favorables ont permis aux vergers de produire un volume exceptionnel. Deuxièmement, la demande mondiale de fèves, bien que stable, n’a pas progressé au rythme de l’offre, créant un déséquilibre. Le ralentissement économique dans certaines régions consommatrices clés a légèrement freiné les achats. Enfin, et c’est un point crucial, des problèmes logistiques et de capacité de transformation locale se sont manifestés. Les infrastructures portuaires et les entrepôts existants sont saturés, rendant difficile l’évacuation rapide des fèves vers les marchés internationaux ou les usines de transformation locales.
Cette situation a des conséquences immédiates et potentiellement graves. Pour les autorités ivoiriennes et le Conseil du Café-Cacao (CCC), la gestion de ces volumes excédentaires devient une course contre la montre. Le risque de détérioration de la qualité des fèves stockées dans des conditions non optimales est élevé, ce qui pourrait engendrer d’importantes pertes financières. Sur le plan économique, cette surabondance pèse sur les cours mondiaux. Bien que les prix soient fixés par les marchés à terme, la connaissance de stocks importants dans le pays producteur majeur tend à exercer une pression baissière.
À long terme, le gouvernement ivoirien pourrait être contraint de revoir sa politique de stockage et d’investissement dans les infrastructures. Une augmentation significative des capacités de stockage certifiées et une modernisation des chaînes logistiques sont indispensables pour éviter que ce « casse-tête » ne se répète lors des prochaines récoltes exceptionnelles.
L’enjeu est de taille : il s’agit de garantir la stabilité des revenus des millions de petits producteurs qui dépendent de cette culture.
Par Réveil-Afriain.Org Avec AFP.
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