São Tomé-et-Principe présente une stratégie d’investissement 2026-2040 après sa sortie de la catégorie des pays les moins avancés.
Communiqué de presse du Programme régional du PNUD pour l’Afrique-mardi 07 avril 2026.
Ce double signal graduation et feuille de route place cet État insulaire de 235 000 habitants en position d’interlocuteur structuré pour les investisseurs privés, les partenaires du financement climatique et les acteurs des partenariats public-privé. Quatre secteurs sont ciblés : biodiversité, économie bleue, cacao premium et écotourisme.
Un cadre de financement inédit pour un petit État insulaire.
La sortie du statut PMA est une transition majeure pour São Tomé-et-Príncipe : elle s’accompagne d’une réduction de l’aide internationale et d’une contrainte budgétaire accumulée. Le pays répond par une approche inédite à cette échelle : aligner dans un même cadre les capitaux publics et privés, les financements climatiques et les financements du développement. La Stratégie nationale 2026-2040 et l’INFF constituent l’ensemble de la base de cette proposition structurée aux partenaires internationaux.
Premier pays entièrement classé Réserve de biosphère UNESCO.
São Tomé-et-Principe est le premier pays au monde dont 100 % du territoire national a été désigné Réserve de biosphère par l’UNESCO ; non un parc, non une région, mais l’ensemble du pays. Ce statut n’est pas un label marketing : il définit un cadre de gouvernance dans lequel l’activité économique est pensée pour concilier croissance et conservation. Pour les investisseurs, il offre une visibilité à long terme ancrée dans la durabilité, indépendante des cycles politiques. Le pays abrite par ailleurs l’un des écosystèmes insulaires les plus singuliers au monde, avec une faune et une flore endémique à fort potentiel pour la bioprospection, les solutions fondées sur la nature et la recherche climatique.
Une ZEE de 160 000 km² comme levier de l’économie bleue
Si le territoire terrestre de São Tomé-et-Principe est modeste, sa zone économique exclusive (ZEE) couvre environ 160 000 kilomètres carrés d’océan, soit près de 160 fois sa superficie terrestre. Situé sur des axes atlantiques majeurs, l’archipel supervise des eaux conservées largement intactes. L’économie bleue pêche durable, sciences marines, biotechnologies, données océaniques, énergies renouvelables en mer est identifiée comme l’un des piliers les plus sous-capitalisés de la croissance mondiale future. São Tomé-et-Principe se positionne pour développer cette ressource en l’inscrivant dans des modèles durables dès l’origine.
Prime cacao : la valeur plutôt que le volume
São Tomé-et-Principe produit un cacao reconnu pour sa qualité, avec une production estimée à environ 4 000 tonnes. En volume, le pays reste un petit acteur, mais sur des marchés européens aujourd’hui façonné par les règles anti-déforestation, la comptabilité carbone et l’exigence de traçabilité, la position est différenciante. Le levier identifié n’est pas l’exportation de fèves brutes, mais la création de valeur locale : chocolat haut de gamme, marques traçables, agrotourisme, partenariats rémunérant la qualité plutôt que le volume.
Écotourisme : un modèle préservé, une chaîne de valeur à structurer
Absence de terminaux pour paquebots, pas de littoraux artificialisés : São Tomé-et-Príncipe reste épargné par le tourisme de masse. La stratégie mise sur des modèles à fort rendement unitaire. Hôtellerie de charme, tourisme adossé à la conservation, voyages scientifiques dont les rendements se mesurent sur des décennies. Pour les investisseurs exposés à la valorisation des destinations saturées, l’opportunité est de structurer une chaîne de valeur écotouristique avant que la destination ne soit découverte.
La stabilité politique comme socle
Dans une région souvent perçue sous l’angle du risque, São Tomé-et-Príncipe se distingue par une tradition de démocratie stable et de transitions de pouvoir ordonnées. Ce contexte politique constitue le socle sur lequel s’appuie l’ensemble de la proposition d’investissement présentée à Bruxelles en décembre 2025.
Avec AFP.
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