Sénégal : Vingt-cinq (25) ONG demandent des explications sur le sort de Mamadou Billo Bah et Foniké Menguè, deux figures de l’opposition guinéenne, un an après leur disparition.
AFP, 08 JUILLET 2025
Une vingtaine d’organisations de défense des droits humains ont réclamé mardi aux autorités
guinéennes de « révéler sans attendre » le sort de deux opposants à la junte disparus depuis
un an, dénonçant une multiplication des enlèvements dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Oumar Sylla, plus connu sous le nom de Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah sont deux
responsables du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un mouvement
citoyen qui réclame le retour des civils au pouvoir en Guinée. Le collectif a été dissous en
2022 par la junte.
Ils ont été arrêtés le 9 juillet 2024 par des gendarmes et des soldats d’unités d’élite, selon le
FNDC, qui a dénoncé un « kidnapping ». De leur côté, les autorités ont toujours nié détenir les
deux militants et leur sort reste inconnu à ce jour.
« Les autorités guinéennes doivent révéler sans attendre (leur) sort et s’assurer que les
personnes suspectées d’être responsables des enlèvements et disparitions forcées en Guinée
soient traduites devant la justice », ont déclaré mardi Amnesty International et 24
organisations guinéennes et internationales de défense des droits humains.
« Nous appelons (les autorités) à sortir de ce silence insupportable », car « rien n’indique
qu’elles ont efectivement mené des enquêtes pour retrouver » les disparus, ont-elles ajouté
dans un communiqué commun publié à la veille du premier anniversaire de leur disparition.
Elles ont également rappelé la disparition depuis décembre 2024 du journaliste Habib
Marouane Camara, critique envers la junte, après avoir été lui aussi enlevé à Conakry par des
hommes en uniforme. Ses proches restent sans nouvelles de lui depuis.
Les 25 organisations ont par ailleurs dénoncé la multiplication des « enlèvements suivis
d’actes de tortures sur des individus connus pour leurs opinions critiques » dans le pays.
Elles ont notamment cité le cas du coordinateur national du Forum des forces sociales de
Guinée, Abdoul Sacko, enlevé le 19 février 2025 puis retrouvé le même jour dans un état
critique après avoir été torturé, selon ses avocats.
Selon les organisations, plusieurs acteurs politiques et avocats avec qui elles se sont
entretenues rapportent avoir été la cible de menaces d’enlèvement.
« Nous appelons les autorités guinéennes à respecter leurs obligations internationales en
matière de droits humains en respectant, protégeant, promouvant et réalisant les droits
humains de tous dans le pays », ont-elles écrit.
La junte, dirigée par le général Mamadi Doumbouya, est régulièrement accusée de répression
contre les libertés. Elle a fait arrêter ou poursuivre de nombreux opposants, ou les a poussés
à l’exil.
Elle s’était initialement engagée, sous la pression internationale, à rendre le pouvoir à des
civils élus avant fin 2024, mais n’a pas respecté son engagement.
Elle a promis un retour à l’ordre constitutionnel cette année et annoncé la tenue d’un
référendum constitutionnel le 21 septembre prochain.
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