Tribune / 21 septembre : la République à l’épreuve, le peuple à l’œuvre.

Le 21 septembre 2025, la Guinée se tiendra à un croisement décisif. Un référendum est convoqué. Et, avec lui, une question qui dépasse les joutes habituelles : Avons-nous le courage de doter notre pays d’une Constitution qui nous ressemble, qui nous oblige, qui nous engage ?

Depuis notre indépendance, notre trajectoire constitutionnelle a trop souvent été marquée par la rupture, la révision intéressée, la fragilité structurelle. Nos lois fondamentales se sont succédé sans jamais s’imposer comme des pactes durables, portés par le peuple dans son entier. Elles ont souvent été les reflets d’un moment politique, rarement les expressions profondes d’une conscience collective.

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Il fallait briser ce cercle. Il fallait, un jour, que le pays cesse de subir des constitutions pour en adopter une. Ce moment est venu. En décidant de rendre la parole au peuple, le Président de la République, le Général d’armée Mamadi Doumbouya, a posé un acte fort, frontal, assumé.
Il aurait pu temporiser, jouer la montre, prolonger l’ambiguïté. Il a choisi la clarté.
Il a fait le choix risqué, mais nécessaire, de faire confiance à la souveraineté populaire.

Ce référendum n’est ni une diversion, ni une formalité. C’est une convocation du peuple constituant, un appel au sursaut civique. Et, dans ce geste, ce n’est pas un homme qu’on juge, c’est la maturité d’une Nation qu’on évalue. Bien sûr, les objections fusent. Les uns dénoncent un rythme trop rapide. Les autres un fond qu’ils n’ont même pas lu. Les plus cyniques agitent les spectres de manipulation.
Mais, au fond, tous redoutent la même chose :
Un peuple qui s’assume, qui choisit, qui tranche.
Car un peuple debout dérange. Et un peuple constituant bouleverse l’ordre établi.

Or, la vérité est implacable :
La République ne peut être solide sans fondement stable.
Et ce fondement, c’est la Constitution.
Pas un texte plaqué de l’extérieur. Pas une reprise du passé.
Mais une œuvre commune, contemporaine, enracinée, projetée vers l’avenir.

Le 21 septembre, chacun devra se positionner.
Pas seulement face à un projet de texte, mais face à l’idée même de République. Ceux qui croient en un pays juste, équilibré, respecté, devront se prononcer.
Ceux qui refusent de voir la Guinée condamnée à la transition permanente devront se lever.
Ceux qui aiment leur pays plus que leurs opinions devront se mobiliser.
Car le référendum n’est pas une affaire de personnes. C’est une affaire de peuple. Et dans ce moment précis de notre Histoire, personne ne peut rester neutre sans trahir l’essentiel.

Moi, je veux faire partie de l’Histoire de mon pays.
Pas comme un simple spectateur. Pas comme une voix parmi le bruit.
Mais comme un citoyen debout, lucide, responsable, prêt à assumer son devoir devant les siens et devant la postérité.

Je refuse de laisser d’autres écrire la Loi qui me gouvernera.
Je refuse de laisser l’abstention devenir une excuse.
Je refuse de critiquer sans proposer, de juger sans agir.

Je veux inscrire mon nom, mon choix, ma voix, dans cette page que la Guinée est en train d’écrire.
Non pour moi. Mais pour ceux qui viendront après.

Car l’Histoire ne retient pas les prudents.
Elle honore les bâtisseurs.
Et le 21 septembre, la Guinée a besoin de bâtisseurs.

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