Burkina : « enlèvement » d’un célèbre avocat et leader politique (proches).

Par Réveil-Africain.Org/Com avec AFP

Un célèbre avocat et leader d’un parti politique au Burkina Faso, Herman Yaméogo, a été « enlevé » samedi à Ouagadougou, quelques jours après la publication d’une analyse critique de la situation sociopolitique du pays, dirigée par une junte militaire, ont indiqué dimanche ses proches à l’AFP.

« Nous avons assisté impuissant à l’enlèvement de Me Hermann Yaméogo à son domicile à Ouagadougou par des hommes armés habillés en tenue civile », a indiqué l’AFP un proche de la famille de l’avocat.

« Ils sont arrivés aux environs de 13h00 (locales et GMT), à bord de plusieurs véhicules. Certains éléments ont encerclé la maison avant que d’autres y effectuent une fouille minutieuse. Ils ont emporté ses téléphones, tous les ordinateurs et quelques documents », at-il détaillé.

Agé de 77 ans, Hermann Yaméogo est l’un des fils de Maurice Yaméogo, premier président (1959-1966) du Burkina Faso indépendant, alors appelé Haute Volta.

Président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), il a publié mercredi sur les réseaux sociaux une « analyse critique » de la situation sociopolitique du Burkina, dirigée par un régime militaire avec à sa tête le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir après un coup d’Etat en septembre 2022.

Son analyse a été largement relayée, poussant certains à saluer son « courage suicidaire ».

« Une analyse objective, lucide et courageuse de la situation nationale ne peut que conclure que notre pays se trouve, pour la première fois de son histoire contemporaine, suspendue au-dessus du vide », écrit Me Hermann Yaméogo.

« Il n’est donc plus admissible, à l’heure où nous sommes au bord du gouffre, de persister dans une voie dont l’inefficacité tragique a été démontrée par les faits », poursuit-il.

La junte militaire est accusée d’utiliser de manière abusive un décret de mobilisation générale dans le cadre de la lutte antijihadiste pour réprimer les voix discordantes, réquisitionnées de force pour combattre au front.

« Nous ignorons jusqu’à présent où Me Yaméogo a été conduit, ou s’il a déjà été envoyé au front comme d’autres avant lui », a dit à l’AFP un autre proche de l’avocat, confirmant son enlèvement.

« Il est malade et sous traitement médical mais ils ne l’ont laissé prendre aucun de ses médicaments », at-il déploré.

Le régime militaire a récemment libéré huit personnes réquisitionnées de force dans la lutte antijihadiste, notamment des journalistes, dirigeants de la société civile ou proches d’homme politique.

En revanche, les dizaines d’officiers militaires accusés de « complot » ou de « tentative de déstabilisation des institutions républicaines » restent inconnus.

Partagez

Laisser un commentaire

Rattrapez les dernières actus