Guinée /Éboulement à Maneya : Que faut-il faire en tant que volontaire pour aider? Actes citoyennes pour sauver des vies (Par Dr. Ibrahima Sory BARRY).
L’éboulement survenu ces dernières 24h à Maneyah nous rappelle à tous combien ces catastrophes naturelles sont brutales et meurtrières. Dans de telles situations, la réaction des témoins dans les premières minutes peut sauver des vies. Mais il est essentiel d’agir avec prudence et méthodologie. Voici les grandes étapes de la conduite à tenir en urgence devant une victime d’éboulement.
1- Se protéger soi-même avant d’agir
En toute circonstance il faut d’abord se protéger avant de pouvoir aider en toute sécurité.
Il faut toujours évaluer la zone, un éboulement est souvent suivi d’autres chutes de terre ou de pierres. Approcher la zone sinistré sans la sécurité expose à de nouveaux drames.
N’agissez jamais seule, faite vous toujours accompagner dans la recherche de potentiel victime.
Parfois il est difficile de se rappeler des bonnes gestes après la découverte d’une victime vivante, mais si vous trouvez une victime il est important de gardé votre sang froid et agir de façon méthodique.
- Ne tirez jamais brutalement une victime coincée par les jambes ou le bassin : cela peut aggraver des fractures ou des lésions internes.
Lorsqu’une personne est restée plus d’une heure coincée sous les décombres, un danger supplémentaire existe : le syndrome d’écrasement.
Lorsqu’un membre comprimé est libéré brutalement, des toxines accumulées passent dans le sang et peuvent provoquer un arrêt cardiaque.
C’est pourquoi, si les moyens existent, les secours médicaux doivent mettre en place une perfusion avant de dégager totalement le membre écrasé. - Si la victime est consciente il est important de la réconforter même si vous ne pouvez pas réaliser de gestes techniques, votre rôle reste essentiel :
Parlez à la victime, rassurez-la, restez à ses côtés.
Couvrez-la avec un vêtement ou une couverture pour éviter l’hypothermie.
Surveillez son état jusqu’à l’arrivée des secours : respiration, conscience, saignement.
- Si la victime est inconsciente :
La première des choses cherchez à savoir si elle respire bien, sinon il faut rapidement libérer les voies respiratoires, en liberant la victime avec précaution, dégager la tête et le thorax en priorité, pour permettre la respiration. Il faut retirer les débris et libérer les voies aériennes s’il ne respire toujours pas.
Vérifier si le cœur bat en recherchant les pouls au niveau du cou. En cas de disparition des pulsations, commencer le massage cardiaque externe, jusqu’à l’arrivée des secours.
Il est aussi important de savoir contrôler les hémorragies et immobiliser les traumatismes
Hémorragies graves : comprimez directement la plaie avec un tissu propre. Si le sang jaillit abondamment, un garrot peut être nécessaire, en attendant les secours.
Fractures et traumatismes : immobilisez le membre blessé, évitez de bouger la victime inutilement, surtout si vous suspectez une atteinte de la colonne vertébrale.
Connaître ces quelques gestes simples est primordial pour tout citoyen afin d’avoir une attitude approprié devant toute catastrophe ou accident grave.
Etant citoyen nous devons rapidement pensé à une chaine de solidarité nationale pour aider les familles desolidarité et prévention doit être rapidement envisager par notre gouvernement.
Soutenir les familles touchées est un devoir de compassion nationale.
La prévention passe par la surveillance des zones à risque, l’alerte précoce en cas de pluies intenses, et des mesures d’aménagement sûres pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
Cette énième tragédie montre à nouveau combien de fois notre pays est démuni en terme d’équipements de secours. Le gouvernement doit rapidement pensé à comment douter les services de protection civile de matériel adapté pour sauver la population devant une telle catastrophe.
Paix aux âmes disparues, prompt rétablissement aux blessés et courage aux familles endeuillées. Chaque vie sauvée dépend de la prudence, de la solidarité et des bons gestes de premiers secours.
Médecin, ancien FFI en médecine interne au CHU Donka.
Résidant en endocrinologie diabetologie à l’hôpital de Pikine/ Dakar
Président de l’ Association des Médecins Guinéens en Spécialisation au Sénégal – Amguiss
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