Burkina : la junte met fin au projet de lutte contre le paludisme soutenu par la fondation Gates.

Par Réveil-Africain.Org/Com avec AFP.

Le Burkina Faso a mis fin vendredi à « toutes les activités » du projet de lutte contre le paludisme Target Malaria, soutenu par la fondation américaine Bill et Melinda Gates, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Le Burkina est dirigé depuis près de trois ans par une junte souverainiste, avec à sa tête le capitaine Ibrahim Traoré, qui a pris le pouvoir après un putsch en septembre 2022.

En juin et juillet, la junte a révoqué l’autorisation d’exercer de 21 ONG internationales ou bénéficiant de subventions étrangères, invoquant des raisons administratives.

« Il est mis fin à toutes les activités du projet Target Malaria sur toute l’étendue du territoire national », a annoncé vendredi Samuel Paré, secrétaire général du ministère de la Recherche et de l’Innovation.

Le projet Target Malaria, porté par un consortium de plus de 150 chercheurs africains et occidentaux et financé par la fondation Bill et Melinda Gates, vise à lâcher des moustiques génétiquement modifiés afin d’éradiquer les maladies transmises par l’insecte, comme le paludisme.

Un premier lâcher avait eu lieu en 2019 au Burkina, décrié par des organisations de la société civile qui craignaient une « catastrophe ».

Le projet a été visé par plusieurs campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux burkinabè, en particulier par des personnes proches de la junte.

Le dernier lâcher, le 11 août, concernait 75.000 moustiques, libérés à Souroukoudinga (ouest), après autorisation de l’Agence nationale de biosécurité (ANB).

Le 21 août, la coalition de veille sur les activités biotechnologiques avait décrété l’opération, appelant à la suspension de l’autorisation du projet.

« Cette technologie est très controversée et pose des problèmes éthiques. Au lieu d’envisager des solutions aux risques imprévisibles, nous disons qu’il faut plutôt privilégier les alternatives sûres », explique Ali Tapsoba, le porte-parole de cette coalition regroupant plusieurs organisations de la société civile.

« Les enceintes contenant les moustiques génétiquement modifiés sont sous scellées depuis le 18 août et tous les échantillons seront détruits suivant un protocole indiqué », a précisé le ministère chargé de la Recherche, indiqué que les moustiques mâles génétiquement modifiés lâchés dans le village de Souroukoudinga ont été « soigneusement traités par les services techniques compétents ».

L’équipe de Target Malaria a réagi vendredi en assurant qu’elle « fonctionne depuis 2012 en conformité avec la législation nationale du Burkina Faso ».

« Nous avons collaboré activement avec les autorités nationales et les parties prenantes du Burkina Faso et restons disposés à coopérer », a-t-elle poursuivi.

Le Burkina Faso fait partie des dix pays les plus touchés par le paludisme au niveau mondial, avec plus de huit millions de cas et au moins 16.146 décès enregistrés en 2023.

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