Dakar (Sénégal ) : Surendetté, le Sénégal fait appel à sa diaspora pour se financer.
Par réveil-Africain.Org/Com avec AFP.
Le gouvernement sénégalais a fait appel à sa diaspora pour l’aider à se financer en lançant jeudi un emprunt obligatoire de 300 milliards de francs CFA (450 millions d’euros), dans un contexte de graves difficultés budgétaires.
Ce pays d’Afrique de l’Ouest est confronté à une situation économique préoccupante, avec un déficit budgétaire de 14% et un encours de la dette publique représentant 119% du PIB. Le taux de chômage est évalué à 20% alors que la pauvreté atteint 35,7% de la population.
Au nom de la « souveraineté économique », les autorités veulent avoir recours à « des modes de financement alternatifs impliquant la contribution des investisseurs nationaux, de la diaspora et des partenaires internationaux », indique un communiqué du ministère des Finances et du Budget.

« Cette troisième émission obligatoire de l’année introduit une innovation majeure avec un volet dédié à la diaspora », poursuit le communiqué.
Les emprunts obligatoires permettent aux Etats de lever des fonds en empruntant sur les marchés. Ces titres de créance ont une date de remboursement fixée à l’avance et rapportant un intérêt, qui comme la date n’a pas été précisée par le gouvernement.
En déplacement en Italie samedi dernier devant des centaines de Sénégalais de la diaspora, le Premier ministre Ousmane Sonko a appelé ses compatriotes à souscrire à ces « diaspora bonds » ou « patriote bonds ».
« C’est une manière de participer au développement de votre pays et de nous faciliter à être autonome par rapport aux financements étrangers », a encouragé le leader politique chantre d’une politique souverainiste.
Environ 400.000 Sénégalais résidaient dans des pays de l’OCDE en 2020.
Le Premier ministre a rappelé que les membres de la diaspora avaient « un pouvoir d’achat supérieur » à celui de leurs compatriotes au Sénégal.
Les autorités au pouvoir depuis 2024 accusent le précédent gouvernement du président Macky Sall (2012-2024) d’avoir dissimulé les vrais chiffres sur des indicateurs clés comme la dette publique et le déficit budgétaire.
Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé « des déclarations erronées significatives des déficits budgétaires et de la dette publique sur la période 2019-2023 ».
Depuis, les décaissements du FMI ont été suspendus en attendant d’obtenir des réponses et des engagements de la part des nouvelles autorités afin que cette dissimulation d’indicateurs alléguée ne se reproduise pas à l’avenir.
Le Sénégal a plusieurs fois sollicité ces deux dernières années le marché financier sous-régional pour pallier les difficultés d’accès aux fonds internationaux.
Début août, le Premier ministre Sonko avait dévoilé un « plan de redressement économique et social » censé être financé à « 90% » par des ressources internes pour « souverainiser » le pays.
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