Labé (Guinée ) : l’eau de la SEG, un service public en panne, une ville contrainte de creuser.

Réveil Africain.Org/Com (Enquête)

A Labé, l’eau qui sort des robinets porte la marque d’un malaise profond. L’équipe de Réveil Africain a parcouru plusieurs quartiers de la commune urbaine. Partout, le même scénario : une eau trouble, parfois rougeâtre, qui alimente plus de doutes que de verres.

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Des foyers qui tournent le dos au réseau public

Dans les concessions de Tata 1, de Daka, de Mosquée ou encore de Kouroula, les ménages confient, avec une lassitude mêlée d’inquiétude, qu’ils n’utilisent presque plus l’eau de la Société des Eaux de Guinée (SEG). « On ne peut pas cuisiner avec, encore moins la boire. Même bouillie, elle reste suspecte », explique une mère de famille rencontrée à Daka.

Les forages, un plan B devenu système D

Face à cette défiance, un réseau parallèle s’est imposé : celui des forages privés. D’après les constats recueillis sur le terrain, près de trois familles sur cinq dépendent aujourd’hui de ces puits modernes. A Thiaguè (Tata2) l’abonnement à la SEG est devenu l’exception. Des particuliers, souvent par solidarité, ouvrent leurs installations aux voisins, gratuitement . Ce maillage communautaire assure désormais une part essentielle de l’approvisionnement quotidien.

Un échec qui interroge

La prolifération de ces forages est le reflet d’une défaillance structurelle. Si la distribution publique offrait une eau claire et sûre, la population n’aurait pas été poussée à forer la nappe souterraine à chaque coin de rue. Vieillissement du réseau, absence d’entretien, contrôles de qualité insuffisants : les griefs formulés à l’encontre de la SEG sont récurrents, et les promesses d’amélioration peinent à convaincre.

Le revers écologique d’une solution de fortune

Cette multiplication non planifiée de forages inquiète les spécialistes. Chaque puits privé puise dans une même réserve naturelle dont l’équilibre est fragile. Hydrologues et techniciens alertent sur une possible baisse des nappes phréatiques, sur des risques de contamination croisée et, à long terme, sur un déséquilibre écologique pour toute la région.

Un impératif de gouvernance

Pour les habitants de Labé, l’accès à une eau saine reste un droit fondamental. Ils appellent à une réponse concertée : remise en état du réseau de la SEG, contrôles rigoureux de la qualité, mais aussi réglementation stricte des forages privés. Sans une telle action, préviennent les observateurs, la ville risque de payer au prix fort cette fuite en avant hydrique.

Le revers écologique d’une solution de fortune

Cette multiplication non planifiée de forages inquiète les spécialistes. Chaque puits privé puise dans une même réserve naturelle dont l’équilibre est fragile. Hydrologues et techniciens alertent sur une possible baisse des nappes phréatiques, sur des risques de contamination croisée et, à long terme, sur un déséquilibre écologique pour toute la région.

Un impératif de gouvernance

Pour les habitants de Labé, l’accès à une eau saine reste un droit fondamental. Ils appellent à une réponse concertée : remise en état du réseau de la SEG, contrôles rigoureux de la qualité, mais aussi réglementation stricte des forages privés. Sans une telle action, préviennent les observateurs, la ville risque de payer au prix fort cette fuite en avant hydrique.

Enquête réalisée par Chérif Sampiring Diallo pour Réveil_Africain.Org/Com, après plusieurs jours de reportage dans la commune urbaine de Labé.

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