Conakry (Guinée) : l’enlèvement du père d’un journaliste suscite l’indignation.
Par Réveil-Africain.Org/Com avec AFP.
L’enlèvement « par des inconnus » du père d’un journaliste guinéen critique du pouvoir et en exil suscite l’indignation depuis plusieurs jours dans ce pays dirigé par des militaires.
Le journaliste Mamoudou Babila Keïta, en exil depuis plus d’un an, est apparu en larmes dans un message vidéo publié sur les réseaux sociaux lundi pour annoncer l’enlèvement de son père de 75 ans.
« Je suis au regret de vous annoncer que mon papa a été enlevé ce matin par des inconnus dans ma famille à N’Zérékoré (sud-est) », a-t-il annoncé, visiblement très ému, dans un message sur Facebook.
Le journaliste a dénoncé un enlèvement « manifestement lié à mes enquêtes, à mes dénonciations et à mes prises de position sur la gouvernance de la transition militaire en Guinée ».
« Mon père n’a aucune responsabilité dans mon travail journalistique et ne devrait en aucun cas en subir les conséquences », a-t-il poursuivi.
Mardi, les Forces de vives de Guinée (FVG), un collectif des principaux partis de l’opposition et d’organisations de la société civile, ont estimé qu' »en prenant en otage le père, à défaut de mettre la main sur le fils, le pouvoir militaire franchit le seuil de l’infamie ».
Plusieurs opposants à la junte qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat en 2021 ont été enlevés ces dernières années, et leur sort reste inconnu à ce jour.
Oumar Sylla, plus connu sous le nom de Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, deux responsables du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un mouvement citoyen qui réclame le retour des civils au pouvoir en Guinée, ont été enlevés le 9 juillet 2024.
Un journaliste critique du pouvoir, Habib Marouane Camara, a disparu depuis décembre 2024 après avoir été enlevé à Conakry par des hommes en uniforme. Ses proches restent sans nouvelles de lui.
Depuis 2021, la junte dirigée par le général Mamadi Doumbouya a multiplié les restrictions des libertés. Les disparitions forcées et enlèvements se sont multipliés.
Les autorités ont toujours affirmé ne rien savoir des cas de disparitions forcées qui ont eu lieu dans le pays.
Plusieurs partis politiques et médias ont aussi été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
Partagez













Laisser un commentaire