Conakry (Guinée ) : une pluie de candidatures pour une seule présidence (Par Chérif Sampiring Diallo, Journaliste – Éditorialiste, Écrivain, Essayiste).
Cinquante partis politiques et seize candidats indépendants ont déjà manifesté leur intention de briguer la magistrature suprême lors de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Un chiffre qui donne presque le vertige. A ce rythme, il faudra sans doute une salle entière rien que pour la photo officielle des prétendants à Sékhoutouréya.
Dans une démocratie mûre, la diversité des candidatures traduit la vitalité du jeu politique. Mais en Guinée, elle prend parfois des allures de foire électorale, où la participation semble être une fin en soi. On s’annonce candidat non pas pour défendre un projet de société, mais pour apparaître, exister, ou se ménager une place à la table des négociations post-électorales.
Derrière les discours enflammés, la réalité est souvent désarmante : de nombreux partis n’ont ni siège fonctionnel, ni structures locales, ni programme crédible. Leur seule activité politique visible reste la déclaration de candidature à chaque élection nationale. La présidence devient ainsi une scène d’exposition, où la candidature sert davantage à se faire remarquer qu’à gouverner.
Pourtant, briguer la plus haute fonction de l’État ne devrait pas relever du symbole ou du prestige. C’est un acte de responsabilité, de vision et d’engagement envers la nation. On ne se présente pas à la présidence comme on s’inscrit à un concours populaire. Le sérieux du processus électoral repose sur la crédibilité de ceux qui y participent.
C’est pourquoi le parrainage citoyen et la caution financière ne doivent pas être perçus comme des obstacles à la démocratie, mais comme des garde-fous nécessaires. Ils permettent de distinguer les acteurs véritablement engagés de ceux qui ne recherchent qu’une visibilité éphémère ou un moyen de pression politique.
L’État ne devrait pas consacrer des ressources, même symboliques, à des candidatures qui ne rassemblent pas une base minimale de soutien. Dans les démocraties solides, on ne se déclare pas candidat à la tête d’un pays simplement parce qu’on possède une page Facebook et un drapeau tricolore. La fonction présidentielle exige bien plus qu’une déclaration d’intention : elle suppose une vision claire, un projet réalisable et une légitimité populaire.
Il ne s’agit pas de restreindre la pluralité, mais d’en rehausser le niveau. Trop de candidatures sans consistance diluent le débat national et brouillent le choix des électeurs. Un bulletin de vote encombré n’est pas un signe de vitalité démocratique, mais le reflet d’un système politique sans filtre et sans rigueur.
.Avant de rêver du fauteuil présidentiel, chacun devrait se poser la question essentielle : ai-je réellement les moyens, les idées et la légitimité pour prétendre diriger un État ? Gouverner un pays n’est pas un exercice d’improvisation. Et quand trop de gens aspirent à être chef, c’est souvent le signe que plus personne ne veut
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