Conakry (Guinée ) / présidentielles 2025 : les candidatures indépendantes face à l’énigme du parrainage pour la Présidentielle.
L’horizon électoral guinéen est fixé au 28 décembre 2025 pour l’élection présidentielle, un scrutin qui marquera la fin de la période de transition. Dans ce contexte politique en pleine mutation, la question des candidatures, notamment celles des indépendants, et les modalités du parrainage sont au cœur des débats et des incertitudes.

Un cadre légal en construction
La date de la présidentielle a été confirmée, mais le paysage institutionnel a récemment connu des changements majeurs. L’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum en septembre 2025 vient rebattre les cartes et sert désormais de socle légal pour l’organisation des prochaines élections. Cependant, au moment d’aborder les candidatures, les textes précis, notamment la loi électorale découlant de la nouvelle Constitution, n’ont pas toujours été clairement détaillés publiquement, particulièrement en ce qui concerne les conditions spécifiques des indépendants et les mécanismes de parrainage.
La place incertaine des candidatures indépendantes
Historiquement, les candidatures indépendantes existent dans le processus électoral guinéen, permettant à des personnalités en dehors de l’appareil des partis politiques traditionnels de se présenter. La nouvelle Constitution et la loi électorale qui en sera l’émanation sont censées définir avec précision les conditions d’éligibilité.
Pour la présidentielle de 2025, si des listes de candidats indépendants ont déjà fait surface ( 16 personnalités indépendantes auraient déposé leur candidature), leur validation est suspendue aux critères formels qui seront appliqués.
Le parrainage : le véritable verrou de l’élection
La condition du parrainage est l’un des mécanismes légaux les plus scrutés et potentiellement les plus contraignants pour les candidats à la magistrature suprême, en particulier pour les indépendants qui ne bénéficient pas de la structure d’un grand parti.
Traditionnellement, le parrainage peut prendre deux formes principales :
- Le parrainage des élus (députés, maires, etc.) : C’est souvent la voie privilégiée par les candidats des grands partis, qui peuvent s’appuyer sur leurs réseaux d’élus locaux ou nationaux.
- Le parrainage citoyen : Cette option, cruciale pour les indépendants, exige la collecte d’un nombre déterminé de signatures d’électeurs, réparties sur l’ensemble du territoire pour garantir une assise nationale.
Les enjeux du parrainage pour l’élection de décembre 2025 sont majeurs :
- Le seuil d’exigence : Le nombre de parrainages requis détermine la difficulté d’accès à la candidature. Un seuil élevé peut être interprété comme une mesure visant à limiter le nombre de postulants, favorisant ainsi les candidats les mieux implantés ou disposant de ressources conséquentes.
- La répartition géographique : L’obligation de recueillir des parrainages dans plusieurs régions ou préfectures du pays est un défi logistique et financier considérable pour les indépendants et les petits partis.
- Le risque de contestation : La vérification des parrainages (authenticité des signatures, qualité d’électeur des signataires, non-double parrainage) est souvent une source de contentieux électoral.
En l’absence de publication claire des chiffres et des modalités exactes de ce parrainage dans les textes définitifs de la transition, l’incertitude demeure. La manière dont cette condition sera appliquée et gérée par l’organe en charge des élections sera déterminante pour juger de l’inclusivité et de l’équité du processus électoral de la Guinée en 2025.
L’élection présidentielle du 28 décembre 2025 s’annonce donc comme un test non seulement pour la transition, mais aussi pour la vitalité démocratique du pays, où les candidats indépendants devront prouver leur capacité à surmonter les obstacles légaux et logistiques du parrainage pour prendre part à la course.
Par Réveil-Africain.Org
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