Conakry (Guinée ) : Abdoulaye Yéro Baldé et la tentation du chèque en blanc (Par Guillaume BANGOURA).
« Les récentes communications du candidat Abdoulaye Yéro Baldé et de son équipe de campagne ne jouent malheureusement pas en sa faveur. Appeler notamment les grands partis politiques que sont l’UFDG et le RPG à se rallier à sa candidature pour la présidentielle du 28 décembre, sans avoir au préalable présenté aux Guinéens un véritable projet de société ni démontré sa capacité à gagner, revient tout simplement à leur demander de lui signer un chèque en blanc.
Or, en politique, l’adhésion ne précède jamais la crédibilité. Si Yéro Baldé croit réellement en ses chances, il lui incombe de prouver qu’il n’est pas qu’un simple figurant convoqué pour donner une illusion de pluralisme à une compétition dont la sincérité paraît déjà fortement compromise aux yeux des militants qu’il souhaite rallier à sa cause. Il doit montrer qu’il ne participe pas à la validation d’un parjure politique, mais qu’il incarne bel et bien une alternative crédible, autonome et cohérente.
Sa récente condamnation, prudente et tardive, des enlèvements et disparitions forcées qui frappent notre pays, comme celle du Dr Faya Millimouno, est certes bienvenue. Mais elle reste largement insuffisante. Cette élection survient au terme d’une transition jalonnée de graves atteintes aux droits fondamentaux. Et comme Yéro Baldé ne s’est pas particulièrement illustré dans la dénonciation de ces dérives, les Guinéens attendent aujourd’hui du prétendant à la magistrature suprême qu’il est, une position claire, ferme et constante pour gagner en crédibilité. Le pays a besoin d’un leadership qui ne se contente pas de survoler les sujets essentiels, mais qui les aborde avec courage et responsabilité.
Cette exigence est d’autant plus forte que l’élection sera organisée par la Direction générale des élections (DGE), véritable machine à fraude électorale au service de Mamadi Doumbouya, qui s’est déjà illustrée lors du référendum constitutionnel. Yéro Baldé doit, avant tout, démontrer qu’il dispose d’outils solides, d’une organisation crédible et de relais capables de surveiller, protéger et défendre chaque voix. Sans cela, son appel au ralliement manque de sérieux et de portée.
Il lui revient aussi de clarifier sa position face aux institutions taillées sur mesure pour Mamadi Doumbouya après le scrutin. S’il veut conforter sa crédibilité, il doit exclure sans ambiguïté toute participation à ces structures.
Le soutien isolé et à titre individuel du Pr Alpha Condé ne changera pas grand chose à ces préalables.
Quoi qu’on en dise, nos compatriotes, et particulièrement les dirigeants des grands partis convoités par Yéro Baldé, préfèrent un véritable pouvoir civil à un pouvoir militaire revêtu d’un vernis civil. Et dès qu’ils percevront la moindre lueur de victoire possible pour un candidat autre que Mamadi Doumbouya, ils n’hésiteront pas un seul instant à s’y engager.
Yéro Baldé a donc 5 bonnes semaines avant le 28 décembre pour se démarquer, s’illustrer et convaincre.
Dans cet intervalle, les discours incantatoires ne suffiront pas. Le pays, nos compatriotes et les militants des partis éliminés attendent des actes, »
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