Cellou Baldé à Dalein : quand l’épreuve du pouvoir révèle la sincérité de la foi (Par Chérif Sampiring Diallo Journaliste-Éditorialiste Écrivain-Essayiste).

A Dalein, la déclaration de Cellou Baldé selon laquelle « c’est Dieu qui donne le pouvoir, à qui Il veut et quand Il veut » a agi comme un miroir tendu à la conscience collective. Elle ne s’adressait pas seulement à ceux qui exercent l’autorité, mais surtout à ceux qui la convoitent et à ceux qui, tout en se réclamant de la foi, peinent à accepter la réalité du pouvoir lorsqu’elle ne sert pas leurs ambitions.

image-214 Cellou Baldé à Dalein : quand l’épreuve du pouvoir révèle la sincérité de la foi (Par Chérif Sampiring Diallo Journaliste-Éditorialiste Écrivain-Essayiste).

Dans l’histoire humaine, l’aspiration au pouvoir a toujours été un terrain de tentation. Beaucoup s’en approchent avec le langage de la conviction, de la justice et du changement, mais dès lors que le pouvoir échappe à leurs mains, le discours se transforme. La contestation cesse d’être une exigence morale pour devenir un refus intérieur, parfois violent, de la volonté divine. Or, si Dieu est reconnu comme le Maître du destin, alors Son choix, même incompris, appelle à l’acceptation avant toute revendication.

Le paradoxe est là, profond et troublant. Certains se disent croyants, invoquent Dieu dans leurs paroles, s’abritent derrière la religion dans leurs stratégies politiques, mais rejettent avec vigueur ceux que le cours des événements a placés à la tête de l’État. Ils célèbrent la souveraineté divine tant qu’elle sert leur ascension, puis la contestent dès qu’elle consacre un autre. Cette foi à géométrie variable interroge la sincérité des convictions affichées.

Sur le plan spirituel, refuser d’accepter l’autorité établie revient souvent à confondre la foi avec le désir personnel. La croyance authentique ne signifie pas l’approbation aveugle de toutes les décisions du pouvoir, mais elle impose une attitude intérieure de reconnaissance de l’ordre voulu ou permis par Dieu. La critique peut être juste, la vigilance nécessaire, mais le rejet systématique, nourri par la rancœur et l’orgueil, devient une rébellion contre ce que l’on prétend pourtant adorer.

Philosophiquement, cette posture révèle une crise de l’humilité. Aspirer au pouvoir n’est pas condamnable en soi. Ce qui l’est, c’est de considérer le pouvoir comme un droit naturel, une dette que Dieu ou le peuple devrait nécessairement acquitter. Lorsque l’ambition se déguise en destin divin personnel, toute défaite devient une injustice cosmique et tout adversaire un usurpateur. A ce stade, la politique cesse d’être un service pour devenir une rivalité de vanités.

Le message porté à Dalein invite ainsi à une introspection sévère. Ceux qui aspirent au pouvoir sont appelés à se demander s’ils le désirent pour servir ou pour s’imposer. Ceux qui refusent de soutenir les détenteurs du pouvoir doivent s’interroger sur la nature réelle de leur foi. Accepter la volonté divine ne signifie pas se taire devant l’injustice, mais reconnaître que le temps de Dieu n’est pas toujours celui des hommes, et que Son choix peut être une épreuve autant pour les gouvernants que pour les opposants.

En définitive, la parole de Cellou Baldé met à nu une vérité dérangeante. La foi se mesure moins dans les prières publiques que dans l’acceptation sincère de ce que Dieu décide, même lorsque cela contredit nos désirs les plus profonds. Le pouvoir, donné par Dieu, devient alors un test de cohérence spirituelle. Il révèle qui croit véritablement et qui n’invoque le divin que lorsque cela l’arrange.

Partagez

Laisser un commentaire

Rattrapez les dernières actus