Guinée / Quand la misère éclaire la vérité : l’éveil irréversible du peuple guinéen (Par Aly KABA, Président du Mouvement National de la Démocratie).
Ils étaient glorifiés hier comme des patriotes 2.0, des “sauveurs de la nation”, acclamés par une foule chauffée à blanc. Aujourd’hui, les masques tombent. Les chants de louange se transforment en cris de colère. La Guinée s’enfonce, le peuple se réveille, et l’Histoire, implacable, est en train de s’écrire sous nos yeux.
Depuis des années, on nous a vendu un rêve : celui d’une Guinée souveraine, purifiée des “influences étrangères”, affranchi de toute “domination impérialiste”.
Mais aujourd’hui, ce sont nos jeunes qui errent dans les rues sans emploi, nos opérateurs économiques qui s’exilent, nos mines qui licencient, nos familles qui crient famine. Le rêve vendu hier est devenu notre cauchemar quotidien.
Les slogans creux ont cédé la place à la réalité brutale : un pays vidé de sa sève économique, une société précarisée, une jeunesse trahie. Le peuple a payé cash les décisions improvisées d’une junte ivre de pouvoir et d’arrogance. L’économie est à l’agonie, les taxes asphyxient les citoyens, les prix explosent pendant que les “souverainistes” du pouvoir continuent à s’empiffrer des privilèges de la République.
Où sont les institutions ? Où est la justice ? Où est la Cour constitutionnelle censée dire la loi et rien que la loi ?
Au Sénégal voisin, malgré toutes les difficultés, la justice a fini par se dresser. Chez nous, c’est un silence assourdissant. Depuis plus d’un an, nous naviguons dans un vide constitutionnel, et nos juges ferment les yeux, enchaînés par la peur ou par la complicité.
Mais la misère, disait Norbert Zongo, est la meilleure conseillère. Et aujourd’hui, cette misère a fait son œuvre. La jeunesse guinéenne a compris. Ceux qui hier hurlaient à la gloire de la transition hurlent aujourd’hui leur colère. Le vent a tourné. Sur les réseaux sociaux, dans les quartiers, dans les débats improvisés des grains, dans les studios de radio et de télévision, la vérité perce : le peuple n’en peut plus.
Un système de vigilance citoyenne s’est installé. Plus un post des institutions sans une riposte immédiate : AllonsAuxÉlections.
Pas de haine. Pas d’insultes. Une revendication claire, ferme, assumée : rendez le pouvoir au peuple !
Parce que chacun doit être à sa place : les militaires dans les casernes, les politiques à la tête de l’État, les citoyens aux commandes de leur destin.
La lutte ne doit pas s’arrêter. Nous devons continuer d’occuper tous les espaces : commenter, dénoncer, réclamer. Ne plus jamais leur laisser le monopole de la parole. À chaque publication officielle : “Allons aux élections”.
Pas pour leur faire plaisir, mais parce que l’avenir de la Guinée en dépende. Parce que nous refusons de sombrer dans l’abîme d’une dictature sans visage, douce en apparence, brutale dans les faits.
Aujourd’hui, le peuple guinéen est debout. Qu’ils le sachent : nous ne reculerons plus. Nous n’avons plus peur. Nous avons faim de justice, de liberté, de dignité.
Et cette fois, nous irons jusqu’au bout.
Aly Kaba, President du Mouvement National pour la Defense de la Democratie
Activiste de la Societé Civile.
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