Capture, conflit, chaos : et si le monde avait besoin d’une grande guerre mondiale pour se rappeler du droit (Par Chérif Sampiring Diallo, Journaliste-Éditorialiste, Écrivain-Essayiste)?
L’arrestation récente de Nicolas Maduro par les forces américaines constitue un précédent historique d’une gravité inédite. Jamais un chef d’État en exercice n’avait été capturé sur ordre d’une puissance étrangère de manière aussi spectaculaire. Présentée comme une opération de légitime défense contre un régime accusé de criminalité organisée, elle révèle surtout la fragilité du droit international face à la loi du plus fort.
Dans ce nouvel ordre mondial où la puissance brute prime, qu’est-ce qui empêcherait demain la Chine d’agir contre Taïwan avec la même impunité ? Les États faibles deviennent des proies potentielles, et les conventions internationales semblent reléguées à des principes abstraits, dépourvus de force coercitive.
Cette dynamique ne se limite pas à l’Amérique latine. Elle se manifeste également en Europe et au Moyen-Orient. La guerre en Ukraine illustre comment la Russie redessine les frontières par la force, défiant les résolutions internationales. De même, le conflit israélo-palestinien, exacerbé par la tragédie humanitaire à Gaza, montre combien la protection des civils et le droit humanitaire sont subordonnés à des calculs stratégiques et idéologiques. Le droit international, censé réguler les conflits et protéger l’ordre collectif, est aujourd’hui mis à mal par des dirigeants incontrôlables et autoritaires, qui réécrivent les règles selon leur intérêt.
La conjonction de ces crises révèle un phénomène global et inquiétant : l’ascension simultanée de l’extrême droite et du nationalisme autoritaire, qui instrumentalise la peur et la force pour légitimer ses actions. Ces dirigeants, qu’ils soient à Washington, Moscou, Pékin ou Tel-Aviv, démontrent qu’il est possible de redéfinir le jeu mondial à leur guise, sans sanction effective. Le droit, la morale et les institutions internationales vacillent, fragilisés par la puissance non régulée.
Face à cette dérive, une question provocatrice mais nécessaire émerge : et si le monde, pour rétablir un ordre crédible, avait besoin d’un choc massif, d’une confrontation majeure, peut-être même d’une grande guerre mondiale ? Cette hypothèse, choquante en apparence, n’est pas un plaidoyer pour le conflit mais une interrogation sur la gravité de l’impasse actuelle. Quand la loi du plus fort s’installe partout, que deviennent les institutions internationales ? Que devient le droit ? Peut-être qu’un événement de grande ampleur serait le seul moyen de rappeler que la puissance brute ne peut pas durablement remplacer la justice.
La capture de Maduro, l’ombre de Taïwan, la guerre en Ukraine et le drame de Gaza forment un faisceau d’alertes convergentes. Ils rappellent que le monde est à la croisée des chemins : continuer dans cette dérive, ou restaurer collectivement un ordre international fondé sur le droit et la responsabilité.
La puissance sans contrôle et le droit sans force sont des contradictions fatales ; le temps presse pour que la communauté internationale retrouve le chemin de la raison avant que le chaos ne devienne irréversible.
Partagez













Laisser un commentaire