Niger : 31 civils tués dans une attaque jihadiste présumée dans l’ouest.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Le Niger est de nouveau endeuillé par un massacre de civils : au moins 31 personnes ont été tuées dimanche dans une attaque d’hommes armés, dans l’ouest du pays, une région proche du Burkina et du Mali, foyer très actif des groupes jihadistes au Sahel.
L’attaque s’est produite à Bosiye, village de la commune de Gorouol qui est situé dans la région de Tillabéri dite des « trois frontières », proche du Burkina et du Mali, où les groupes jihadistes liés à Al-Qaida (JNIM) et à l’Etat islamique (EI) mènent des attaques meurtrières depuis près de dix ans.
En 2025, le Tillabéri est devenu « la région la plus meurtrière du Sahel central, avec plus de 1.200 décès enregistrés, dont une majorité de civils, dépassant toutes les autres régions du Mali et du Burkina Faso voisins », indique l’ONG ACLED dans son aperçu sur les conflits en Afrique.
« Dimanche, des individus armés ont tué 31 de nos habitants à Bosiye, 30 sont morts sur le champ et un des cinq blessés a succombé dans un centre de soins », a déclaré à l’AFP un habitant de la zone.
« Le dimanche 18 janvier 2026, 31 personnes ont été exécutées par des individus sans foi ni loi et quatre personnes sont (toujours) hospitalisées », dans un état critique, a confirmé dans un communiqué la Coordination des ressortissants scolaires de la commune de Gorouol (USRCG).
Ce syndicat étudiant local a ajouté être « profondément choqué et attristé » par « cet acte odieux et barbare ».
« 2 000 morts en 2025 » :
Le 22 septembre 2025, le maire de Gorouol, nommé par les militaires avait été tué dans une embuscade « terroriste ».
Des hommes armés circulant à motos avaient tué 22 villageois, une semaine plus tôt, à Takoubatt, dans la région de Tillabéri.
Dans cette zone, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a estimé en septembre 2025 que l’État islamique au Sahel avait « exécuté sommairement » plus de 127 villageois et croyants musulmans lors de cinq attaques répertoriées depuis le mois de mars de la même année.
Le Niger est également confronté aux attaques meurtrières de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est.
Selon l’ACLED, les violences jihadistes ont fait près de 2.000 morts en 2025 au Niger.
Le pays est dirigé par une junte militaire, au pouvoir depuis juillet 2023 et un coup d’Etat ayant renversé le président élu Mohamed Bazoum.
Le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, mène une politique souverainiste et a notamment chassé les soldats français et américains engagés dans la lutte antijihadiste dans le pays.
Avec ses deux voisins, le Burkina Faso et le Mali, eux aussi gouvernés par des régimes militaires issus de putschs et confrontés aux mêmes violences jihadistes, il s’est rapproché notamment de nouveaux partenaires comme la Russie.
Les trois pays ont formé une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et affirment avoir mis sur pied une force conjointe de 5.000 hommes pour lutter contre les jihadistes.
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