Conakry (Guinée) /Mamady Doumbouya et Bah Oury : le pacte de la nécessité (Par Chérif Sampiring Diallo Journaliste-Éditorialiste Écrivain-Essayiste).
L’histoire ne s’embarrasse pas toujours de calculs partisans ; elle impose parfois des évidences que la raison politique seule n’aurait pu anticiper. La rencontre entre Mamady Doumbouya et Bah Oury échappe au registre classique de l’opportunisme. Elle n’est pas une simple cohabitation de circonstance, mais l’aboutissement d’une trajectoire forcée, dictée par la rudesse du réel et les impératifs supérieurs de l’État.
Si leurs parcours diffèrent, leur grammaire politique, elle, est identique. Ces deux hommes parlent la même langue : celle de la fin des dogmes. Ils partagent une allergie commune pour les idéologies figées qui ont trop longtemps sacrifié l’intérêt national sur l’autel des querelles de clocher. Leur horizon n’est pas la séduction électorale, mais la restauration méthodique, presque chirurgicale, de l’autorité publique.
Mamady Doumbouya a brisé le cycle de la politique-spectacle. Sa légitimité ne s’adosse pas à un récit partisan, mais à une promesse d’ordre, de refondation et de résultats tangibles. A ses côtés, Bah Oury incarne la maturité du dépassement. Ayant épuisé les charmes de l’opposition incantatoire, il apporte à cette dynamique une expérience et une expertise pragmatiques, forgées par le temps long et l’épreuve du réel. Entre le militaire et l’homme d’État, la jonction est organique : aucune ligne de fracture idéologique ne vient gripper cet engrenage. Pour eux, la Guinée n’est plus un laboratoire d’expérimentations politiques, mais un chantier d’urgence.
Il serait naïf d’y voir une simple loyauté personnelle ou une alliance de convenance. Ce qui les lie est plus profond : c’est la conscience aiguë qu’ils sont, ensemble, les dépositaires d’une phase charnière de l’histoire nationale. Là où la critique croit déceler un compromis, ils revendiquent une cohérence ; là où certains dénoncent un renoncement, ils assument une responsabilité historique.
En définitive, Mamady Doumbouya et Bah Oury incarnent une politique qui cesse d’être un théâtre pour redevenir un levier de transformation. Cette « dictature du destin » n’est pas un fardeau, mais une mission. Leur alliance ne s’est pas construite contre un adversaire, mais pour une nation à reconstruire. Elle s’inscrit dans le temps long, car elle repose sur la seule fondation qui ne s’effrite pas : la nécessité.
En politique, la durée n’est jamais le fruit du hasard : elle est le prolongement naturel des alliances qui, par-delà le réel, sont cimentées par l’urgence et validées par l’épreuve des faits.
Partagez













Laisser un commentaire