Conakry (Guinée) /CRIEF : Libération conditionnelle de Dr Ibrahima Kassory Fofana pour raisons de santé.

Conakry, le 05 Mars 2026 – Un rebondissement majeur a eu lieu ce jour devant la Chambre de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) concernant le dossier de l’ancien Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana. Poursuivi pour de graves chefs d’accusation incluant détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, Dr Fofana, en détention préventive depuis le 31 mai 2022, a obtenu une mise en liberté provisoire pour raisons de santé.Déroulement de l’audience et absence du prévenu

L’audience, initialement prévue pour la poursuite des débats, a été ouverte aux alentours de 16 heures. Dès l’entame, le juge Daye Mara a constaté l’absence du prévenu dans la salle. Le représentant du ministère public a alors pris la parole pour éclaircir la situation, soulignant que cette absence n’était pas un cas isolé. Il a rappelé qu’à plusieurs reprises, les gardes pénitentiaires avaient tenté d’extraire Dr Kassory Fofana de son lieu de détention, mais que ce dernier avait toujours opposé un refus, invoquant un état de maladie.Le facteur déterminant : la gravité de l’état de santé

Face à ce refus réitéré et à la nécessité de statuer sur le cas, le magistrat Daye Mara a procédé à l’examen des pièces versées au dossier. Il a notamment mis en évidence un courrier crucial émanant de la direction nationale de l’administration pénitentiaire. Ce document officiel venait étayer de manière circonstanciée la gravité de la maladie dont souffre l’ancien chef du gouvernement, justifiant son incapacité à comparaître.Plaidoirie du ministère public et conditions de la liberté

Après avoir confirmé la réception et la véracité de ce même courrier, le ministère public, agissant dans le respect de l’équité et du droit à des soins, a sollicité la mise en liberté du prévenu. Cette démarche visait à permettre à Dr Ibrahima Kassory Fofana de recevoir des soins adéquats que l’environnement carcéral ne pouvait garantir.

Cependant, le ministère public a insisté pour que cette remise en liberté soit assortie de conditions strictes destinées à encadrer sa liberté de mouvement et d’expression, assurant ainsi la bonne marche de la procédure judiciaire :

1-Limitation de ses apparitions en public.

2-Obligation d’informer systématiquement la Cour en cas de déplacement.

3-Interdiction absolue de s’exprimer dans la presse.

Décision de la CRIEF

L’avocat de l’agent judiciaire de l’État, partie civile dans le dossier, n’a soulevé aucune objection aux réquisitions du ministère public, reconnaissant sans doute la primauté des impératifs de santé.

Après une brève suspension d’audience de 10 minutes pour délibérer, le juge Daye Mara a rendu sa décision. Il a ordonné la mise en liberté immédiate du prévenu, conformément aux réquisitions du Parquet, tout en maintenant l’affaire au rôle.

L’audience a été renvoyée au 26 mars pour la suite des débats, permettant à la juridiction de reprendre l’examen du fond du dossier dès que l’état de santé de Dr Kassory Fofana le permettra. Cette décision marque une étape significative dans le procès des dignitaires de l’ancien régime devant la CRIEF.

Par Réveil-Africain.Org.

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