Conakry (Guinée) / Un Appel Retentissant à l’Action : Le Ministre Aboubacar Camara Face à l’Urgence Hydrique.
Par Réveil-Africain.Org.
Conakry, 21 mars 2026 – Le secteur de l’eau, de l’assainissement et des hydrocarbures est à la croisée des chemins. C’est le message fort qu’a voulu transmettre Monsieur Aboubacar Camara, ministre en charge de ce portefeuille, lors de sa déclaration publique faite ce 21 mars 2026. Avec une franchise et une détermination notables, le ministre a mis en lumière l’ampleur colossale du défi qui se dresse face à la nation pour garantir un accès universel et durable à cette ressource vitale.
L’allocution du ministre Camara n’a pas été une simple mise au point, mais un véritable cri d’alarme étayé par des chiffres éloquents. Il a insisté avec force sur la nécessité urgente de mobiliser des ressources considérables pour opérer une modernisation et un développement des infrastructures du secteur à une échelle jamais atteinte. L’état actuel des réseaux et des installations ne permet plus de répondre efficacement à la demande croissante d’une population en pleine expansion et aux impératifs de santé publique.Une Facture de 2,4 Milliards d’Euros : Le Coût de l’Ambiton
L’évaluation faite par les experts du ministère est sans appel et souligne la dimension herculéenne des travaux à entreprendre. Selon les données précises avancées par Aboubacar Camara, le besoin global d’investissement pour atteindre l’objectif d’un accès universel et durable à l’eau potable et à l’assainissement est estimé à près de 2,4 milliards d’euros.
Cette somme colossale n’est pas une simple projection, mais le reflet d’un plan d’action détaillé couvrant l’ensemble du territoire et visant à combler le déficit d’infrastructures accumulé sur plusieurs décennies. Les travaux à entreprendre sont multiples et diversifiés :
1-Construction de nouvelles stations de traitement d’eau potable pour augmenter la capacité de production.
2-Réhabilitation en profondeur des réseaux de distribution vétustes, responsables d’un taux de perte d’eau inacceptable.
3-Amélioration significative des systèmes d’assainissement, notamment la gestion des eaux usées et pluviales, un enjeu crucial pour la santé publique et la préservation de l’environnement.
4-Mise en place d’infrastructures de stockage pour faire face aux périodes de stress hydrique et aux variations climatiques.
L’Impératif d’un « Changement de Paradigme »
Face à ce montant et à l’urgence de la situation, le ministre Aboubacar Camara a été catégorique, martelant une formule qui se veut le nouveau leitmotiv de la politique de l’eau : « il faut changer de paradigme ».
Cette déclaration percutante est le cœur de la vision gouvernementale. Elle signifie clairement qu’une simple approche incrémentale des ajustements progressifs et limités – ne suffira jamais à résoudre une crise structurelle d’une telle ampleur. Le changement de paradigme prôné est un appel à une transformation profonde des méthodes qui régissent actuellement le secteur :
1-Financement Révolutionnaire : Il s’agit d’aller au-delà des subventions et des prêts traditionnels en diversifiant les sources de financement. L’établissement de partenariats public-privé (PPP) plus robustes et attractifs est désormais considéré comme essentiel pour apporter l’expertise, l’efficacité et les capitaux nécessaires. Le gouvernement cherche également à mobiliser la diaspora et les fonds d’investissement internationaux autour de ce projet de société.
2-Gestion et Technologie Innovantes : Le nouveau paradigme exige l’adoption accélérée de technologies innovantes. Cela inclut la mise en œuvre de systèmes de gestion intelligents (smart metering) pour minimiser les pertes d’eau et optimiser sa consommation. L’utilisation de solutions de dessalement ou de réutilisation des eaux usées traitées pourrait également être envisagée dans les zones appropriées.
3-Gouvernance Renforcée : Il est impératif de renforcer la capacité institutionnelle du secteur. Cela passe par une meilleure régulation, une transparence accrue et l’établissement de mécanismes efficaces pour l’entretien et la maintenance proactive des infrastructures. La bonne gouvernance est la garantie d’un investissement durable et efficient.
L’intervention du ministre Aboubacar Camara est bien plus qu’un état des lieux ; c’est un appel solennel à l’innovation, à la solidarité nationale et à une vision à long terme. Le changement de paradigme est la voie que le gouvernement s’engage à suivre pour assurer la sécurité hydrique du pays et, par conséquent, garantir un avenir plus sain et plus prospère à ses citoyens.
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