Conakry (Guinée) : L’Énigme de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) à l’approche des échéances électorales.

À l’approche de l’échéance fatidique du dépôt des candidatures pour les élections législatives et communales prévues pour le 24 mai 2026, la Direction Générale des Élections (DGE) a finalement levé le voile sur la liste officielle des partis politiques reconnus et habilités à concourir. La publication de cette liste, qui dénombre un total de 89 formations politiques, a créé une onde de choc et soulevé de nombreuses interrogations dans le paysage politique guinéen.

1-L’absence inattendue de la GMD

L’information la plus marquante, et celle qui retient toute l’attention, est l’absence notoire de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) sur cette liste exhaustive. Cette exclusion est d’autant plus surprenante que la GMD est le mouvement qui a servi de plateforme et de socle politique à l’accession au pouvoir du Général Mamadi Doumbouya suite au coup d’État. Pour beaucoup d’observateurs, il était impensable que la formation politique du pouvoir en place ne soit pas en ordre de bataille pour ces scrutins cruciaux.

2-un processus de légalisation laborieux et semé d’Embûches

Cette absence inattendue remet en lumière le processus de légalisation complexe et apparemment inachevé dans lequel la GMD est engagée depuis plusieurs mois. Dès le mois de février dernier, le mouvement s’était officiellement lancé dans les démarches administratives et légales nécessaires pour obtenir sa reconnaissance en tant que parti politique.

Ce processus de légalisation est piloté et supervisé directement par le premier ministre Bah Oury, une figure politique de premier plan qui a d’ailleurs marqué sa détermination en intégrant son propre parti, l’Union pour la Démocratie et la Réconciliation en Guinée (UDRG), au sein de la GMD. Cette fusion était censée symboliser la volonté d’unité et de structuration rapide du mouvement.

3-des tensions internes et l’intervention du chef de l’État

La première phase de ce processus consistait à désigner et valider les membres fondateurs de la GMD à travers les différentes régions et préfectures du pays. Cet exercice, loin d’être une simple formalité, a rapidement généré des remous considérables et des tensions internes dans plusieurs préfectures. Des conflits de leadership, des désaccords sur la répartition des rôles et des accusations de parachutage ont menacé la cohésion naissante du mouvement.

Face à cette agitation interne, la situation a exigé l’intervention directe du locataire du palais de la République Colombe, une référence au Général Mamadi Doumbouya. Celui à qui la responsabilité avait été confiée de faire grandir et de structurer cette « formation politique en gestation » a dû taper du poing sur la table pour rétablir l’ordre et l’autorité. Son intervention a eu pour but de centraliser le processus et d’éviter que les conflits locaux ne fassent dérailler l’ensemble de la démarche. Il avait été catégorique, affirmant publiquement que : « la personne habilitée à déposer le dossier pour la légalisation de la GMD », c’est lui.

4-Le silence assourdissant sur l’achèvement du dossier

Malgré cette déclaration tranchée et l’affirmation de la volonté du chef de l’État d’assurer la légalisation du mouvement, un silence radio s’est installé depuis. Aucune information officielle n’a filtré concernant l’avancement ou la finalisation du dossier de légalisation. Cette opacité contraste fortement avec l’urgence de la situation.

L’étape de la légalisation est en effet une condition sine qua non pour la participation aux élections. Son échec, confirmé par l’absence de la GMD sur la liste de la DGE, représente un coup dur pour les ambitions politiques du pouvoir. Les élections législatives et communales du 24 mai 2026 sont d’une importance capitale pour le Général Doumbouya. Elles sont censées lui permettre de renforcer son pouvoir, notamment en s’assurant d’une majorité confortable au parlement, un élément essentiel pour la stabilité et la mise en œuvre de son programme.

L’incertitude plane sur l’avenir immédiat de cette formation et sur les conséquences politiques de cet échec administratif.

Par réveil-Africain.Org

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