Bissau (Guinée-Bissau) : un militant de la société civile retrouvé mort « assassiné ».
Un militant de la société civile, contempteur de la junte au pouvoir, a été retrouvé mort mardi en Guinée-Bissau a annoncé mercredi la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’homme (LGDH), qui parle d’un « assassinat » et promet de saisir le parquet pour l’ouverture d’une enquête.

Vigario Luis Balanta, coordinateur du mouvement de la société civile Po di Terra et voix critique du régime militaire, a été retrouvé sans vie mardi dans les rizières de Ndam Lero , à une trentaine de kilomètres de la capitale Bissau.
« Nous avons trouvé le corps sans vie d’un homme d’environ 35 ans, ensanglanté, blessé partout à l’arme blanche. Cela suppose qu’il ait été battu avant d’être traîné jusqu’ici. Il présente aussi deux trous de balles dans la tête », a indiqué à l’AFP un témoin parlant sous couvert d’anonymat pour sa sécurité.
Une fois ramené dans un village voisin, le corps a pu être identifié, poursuit ce témoin.
Les autorités ne s’étaient pas encore exprimées sur le sujet mercredi après-midi.
Dans une de ses sorties sur les réseaux sociaux la semaine dernière, le militant avait dénoncé des menaces contre sa personne et les membres de son organisation.
« Nous allons continuer à nous battre contre un régime qui traque ceux qui s’opposent à leur manière de diriger le pays. Un régime qui n’accepte pas des principes contradictoires », disait M. Balanta.
Sa mort a été annoncée par la LGDH mercredi lors d’un forum sur la démocratie et les droits de l’homme.
« Nous exigeons des autorités des explications sur cet assassinat. Nous allons saisir le parquet pour ouvrir une enquête », a déclaré Abubacar Turé, président de la LGDH, à la presse.
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives dans le pays, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.
Situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), ce pays lusophone côtier d’Afrique de l’Ouest avait déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974.
Fin janvier, le général N’Tam a fixé au 6 décembre la date des élections présidentielle et législatives censées marquer le retour du pouvoir aux civils, selon un décret présidentiel.
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