Alger (Algérie ) : La tournée africaine du pape débute dans l’ombre de la colère de Trump.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Le pape Léon XIV a entamé lundi une visite historique en Algérie, le premier déplacement d’un pontife dans ce pays à majorité musulmane, une visite qui risquait d’être éclipsée par les critiques du président américain Donald Trump.
Peu avant son départ de Rome, le pape, né aux États-Unis, est devenu la cible de critiques publiques de la part de Trump, qui s’est insurgé contre les propos de Léon appelant à la fin des violences dans la guerre en Iran.
Le pape a déclaré aux journalistes à bord de l’avion papal qu’il n’avait « aucune intention de débattre avec » Trump, ajoutant qu’il n’était « pas un homme politique ».
Trump avait déclaré qu’il n’était « pas un grand fan du pape Léon » et l’avait accusé de « jouer avec un pays (l’Iran) qui veut se doter de l’arme nucléaire ».
Leo a atterri dans la capitale Alger peu avant 9h00 GMT et a ensuite appelé au « pardon » dans un discours rendant hommage aux victimes de la guerre d’indépendance du pays contre la France (1954-1962).
Cette remarque, la première depuis son arrivée dans ce pays d’Afrique du Nord, intervient dans un contexte de fortes tensions entre l’Algérie et la France, et fait suite à une rencontre il y a quelques jours avec le président français Emmanuel Macron au Vatican.
« En ce lieu, souvenons-nous que Dieu désire la paix pour toutes les nations », a-t-il déclaré au Mémorial des Martyrs algériens, dans la capitale.
« Cette paix, qui nous permet d’envisager l’avenir avec un esprit réconcilié, n’est possible que par le pardon. »
« Construire des ponts » :
La visite de deux jours de Léon en Algérie, qui, selon l’archevêque d’Alger Jean-Paul Vesco, visait à « construire des ponts entre les mondes chrétien et musulman », a également donné le coup d’envoi de la tournée africaine du pape. Cette visite revêtait une signification personnelle pour le pape, car l’Algérie était la patrie de saint Augustin (354-430), dont l’héritage spirituel imprègne le pontificat de Léon.
Ce théologien chrétien influent a jeté les bases de l’ordre augustinien du XIIIe siècle auquel appartient Léon, un ordre fondé sur la vie communautaire et le service.
Dès son premier discours en tant que pape, Léon XIII s’est présenté comme un « fils » d’Augustin, dont il cite souvent les écrits.
Le pape a qualifié son voyage en Algérie d’« occasion très précieuse » pour promouvoir « la paix et la réconciliation dans le respect et la considération de tous les peuples ».
Il a également qualifié d’« inacceptables » les menaces de Trump contre les civils en Iran, sans toutefois nommer le président américain, et il avait déjà critiqué le traitement « inhumain » infligé aux migrants par l’administration Trump.
Trump a qualifié le pape de « FAIBLE en matière de criminalité et terrible en matière de politique étrangère », suggérant que les cardinaux n’ont élu Léon XIII pape en mai 2025 que parce qu’il était américain et un lien potentiel avec Washington.
Trump a ensuite publié une image générée par une intelligence artificielle le représentant apparemment sous les traits de Jésus-Christ.
La visite papale en Afrique comprend l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale, et couvre plus de 18 000 kilomètres (11 000 miles) entre le 13 et le 23 avril.
La Première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni, a publié lundi un communiqué souhaitant au pape un voyage fructueux dans les quatre pays africains.
« Puisse le ministère du Saint-Père favoriser la résolution des conflits et le retour de la paix, tant à l’intérieur des frontières qu’entre les nations », a-t-elle écrit.
« Ville romaine antique »
À Alger, à l’approche de cette visite historique, l’atmosphère d’une fête imminente était palpable : les murs étaient repeints, les routes refaites et les espaces verts ornés de plantes et de pots de fleurs.
Lors de sa première étape à Alger, le pape a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune et devait également s’adresser aux diplomates. Le programme de lundi comprend également une visite de la Grande Mosquée d’Alger – avec le minaret le plus haut du monde – et de la basilique Notre-Dame d’Afrique, qui surplombe la baie d’Alger.
Mardi, Leo visitera Annaba, ville du nord-est de l’Italie – anciennement la ville romaine d’Hippone –, jadis la demeure du saint dont les « Confessions » autobiographiques constituent une œuvre majeure de la tradition chrétienne.
Leo prévoit de prier en privé dans la chapelle dédiée aux 19 prêtres et religieuses assassinés pendant la guerre civile algérienne de 1992-2002. Le pape ne se rendra cependant pas au monastère de Tibhirine, dont les moines ont été enlevés et assassinés en 1996 dans des circonstances encore entourées de mystère.
Bien que la constitution algérienne garantisse la liberté de culte, sous certaines conditions, les organisations de défense des droits humains affirment que la répression des minorités religieuses se poursuit.
Trois organisations de défense des droits humains ont appelé Leo la semaine dernière à insister sur cette question lors de sa visite.
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