Conakry (Guinée ) : démolition de maisons riveraines d’une décharge après un éboulement meurtrier.
Les autorités guinéennes ont mené mercredi des opérations de démolition de maisons situées autour d’une décharge dans la banlieue de la capitale, Conakry, dont l’éboulement a fait 34 morts, a constaté un journaliste de l’AFP.
Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs habitations du quartier Dar-es-Salam ont été ensevelies par cet éboulement causé par de fortes pluies, surprenant dans leur sommeil les habitants résidant aux abords.
La ministre guinéenne de la Santé, Khaïté Sall, a indiqué mardi que le nouveau bilan provisoire était de 34 morts et 33 blessés, dont six grièvement. Elle a précisé que des ressortissants sierra-léonais figuraient parmi les victimes.
Des pelleteuses avaient été déployées dès lundi pour détruire de petites constructions et des échoppes jugées à risque mais les opérations d’ampleur ont réellement débuté mercredi, a constaté un journaliste de l’AFP.
Selon l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes (ANGUCH), 72 ménages, considérés comme exposés, ont été identifiés en vue de la démolition de leurs habitations.
Sur le site, de nombreux riverains de la décharge ont fait part de leurs sentiments d' »incompréhension, d’inquiétude et de colère ». Ils ont dit avoir perdu leurs habitations et devoir désormais partir sans savoir où se réfugier, faute de moyens.
« On nous demande de partir mais nous n’avons pas de maison » où loger, a affirmé à l’AFP le menuisier Alseny Diallo, âgé d’une cinquantaine d’années.
La restauratrice Hadiatou Barry, veuve depuis 2017, a également confié à l’AFP ne plus avoir d’endroit où habiter. Elle indique qu’elle se « débrouille » dans son restaurant, qu’elle affirme avoir « vu voler en éclats en même temps que ma chambre à coucher ».
Triste, elle fait remarquer que « tout a été écrasé par le bulldozer, je n’ai pas eu le temps de ramasser mes bagages ».
D’autres victimes appellent l’Etat à prendre en charge les familles avant les démolitions. Les autorités affirment vouloir éviter une nouvelle catastrophe en procédant à ces opérations.
Au total, environ 1.500 familles sont à relocaliser. Le gouvernement a accueilli en urgence 500 sinistrés, pris en charge dans une école de la capitale.
Le gouvernement guinéen a indiqué qu’il organiserait une inhumation collective pour toutes les victimes.
Peu avant le drame, il avait annoncé des opérations d’expulsions et de sécurisation autour de la décharge – existant depuis les années 1960 – à cause des risques d’éboulement.
La saison des pluies est particulièrement longue et intense dans cette région.
Avec AFP.
Partagez














Laisser un commentaire