Kaduna (Nigeria) : le président sortant Tinubu lance sa campagne en promettant « un avenir meilleur ».

Le président nigérian sortant Bola Tinubu a lancé sa campagne de réélection samedi en promettant « un avenir meilleur », alors que la hausse du coût de la vie est un thème central du débat politique.

« Nous avons la prospérité, la stabilité, la croissance, la reprise et l’opportunité », a déclaré M. Tinubu, qui a misé son premier mandat sur des réformes économiques vastes mais éprouvantes, devant un stade bondé dans l’État de Kaduna (centre-nord).

Depuis son élection en 2023, le président a réformé en profondeur le code fiscal, libéralisé le taux de change et supprimé une coûteuse subvention sur les carburants qui saignait les finances du pays. Le Nigeria produit des millions de barils de brut par jour mais en raffine très peu sur son territoire.

Les investisseurs ont salué ces réformes comme longtemps attendues, mais dans leur sillage, les Nigérians ordinaires ont subi une flambée de l’inflation, les prix du carburant et d’autres dépenses de base ayant explosé.

L’ouverture de la plus grande raffinerie d’Afrique, construite par l’industriel milliardaire Aliko Dangote, a peu contribué à atténuer le fardeau, qui n’a fait qu’augmenter encore avec la guerre au Moyen-Orient, qui pousse les prix mondiaux du pétrole.

La hausse du taux de pauvreté, enclenchée plusieurs années avant M. Tinubu, s’est poursuivie, avec environ 63 % des Nigérians vivant sous le seuil de pauvreté, selon le Fonds monétaire international.

Courant octobre, reconnaissant l’ampleur de la souffrance économique, le président a assuré que ses réformes « n’ont pas créé les faiblesses » de l’économie nigériane, mais qu’elles permettent de les affronter.

Peu après, son gouvernement a annoncé de possibles plafonnements des prix des carburants, première reconnaissance majeure d’une crise qui a vu les prix bondir de plus de 450 % depuis son investiture.

Dans son bref discours samedi, M. Tinubu a réaffirmé sa promesse que son éventuel deuxième mandat – le scrutin est prévu le 16 janvier – verrait ses réformes porter leurs fruits.

« La subvention des carburants appartient au passé », a-t-il lancé dans un stade plein à craquer, où des milliers de partisans ont joué de la musique et agité des drapeaux à son effigie depuis l’aube.

« Il y a cette promesse d’un avenir meilleur », a poursuivi M. Tinubu, vêtu aux couleurs rouge, blanc, bleu et vert de son parti, le Congrès des progressistes (APC).

Les tambours traditionnels, accompagnés de vuvuzelas en plastique plus modernes, ont maintenu une énergie intense dans le stade après que les supporteurs eurent défilé dans la ville de Kaduna et dansé le long des rues la veille.

Mais M. Tinubu, âgé de 74 ans, a écourté son discours et quitté la scène au bout d’une dizaine de minutes seulement.

L’APC détient 31 des 36 puissants postes de gouverneur d’État régional au Nigeria. M. Tinubu, réputé fin stratège politique, dispose donc d’une vaste machine politique à son service.

De son côté, l’opposition est divisée selon des lignes similaires à celles de 2023, lorsque le président avait remporté l’élection avec seulement 36,6 % des voix.

Comme lors du dernier scrutin, M. Tinubu affrontera Atiku Abubakar, arrivé deuxième de la présidentielle en 2023, ainsi que Peter Obi, qui s’est exprimé à plusieurs reprises sur l’insécurité galopante liée aux groupes armés, autre enjeu majeur du prochain vote.

Outre la crise du coût de la vie, le Nigeria doit faire face à une insurrection jihadiste qui dure depuis 17 ans, une vague ininterrompue d’enlèvements contre rançon dans le Nord et une agitation séparatiste dans le Sud-Est.

Avec AFP.

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