Guinée / Paludisme en Guinée : Un Combat Quotidien pour Sauver des Vies (Par Néné Houdia Baldé).
Le 25 avril est la Journée mondiale du paludisme, une occasion de rappeler l’ampleur de cette maladie en Guinée, où elle demeure un défi majeur de santé publique. Bien que des progrès aient été réalisés, le paludisme continue d’affecter profondément les populations, en particulier les enfants et les femmes enceintes.

Une Endémie Persistante
En Guinée, le paludisme est endémique dans toutes les régions du pays. Selon les données de l’Observatoire du paludisme sévère, la Guinée représentait 3,6 % des cas de paludisme en Afrique de l’Ouest en 2020. Entre 2017 et 2020, bien que le nombre de cas ait diminué de 9,7 %, passant de 354 à 320 pour 1 000 habitants à risque, le nombre de décès a légèrement augmenté de 1,6 %, atteignant 0,78 pour 1 000 habitants à risque. (Severe malaria observatory)
Impact sur les Enfants et les Femmes Enceintes
Une étude nationale menée en 2014 a révélé une prévalence élevée du paludisme chez les enfants de 6 mois à 9 ans, atteignant 44 % au niveau national, avec des variations régionales allant de 38 % à 61 %. La région de la Guinée forestière présentait la prévalence la plus élevée, à 48 %. Le parasite dominant était Plasmodium falciparum, responsable de 94,2 % des infections. (Pubmedia)
Stratégies de Prévention et de Contrôle
Le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), soutenu par des partenaires internationaux tels que l’Initiative présidentielle américaine pour la lutte contre le paludisme (PMI) et le Fonds mondial, a mis en œuvre plusieurs stratégies pour lutter contre le paludisme. Cela inclut la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide, la chimioprévention du paludisme saisonnier et la prise en charge rapide des cas. Entre 2017 et 2022, la PMI a fourni près de 8 millions de moustiquaires, près de 4 millions de traitements préventifs pour les femmes enceintes, plus de 13 millions de médicaments antipaludiques et près de 14 millions de tests diagnostiques rapides. (Severe malaria & Global health)
Défis Persistants
Malgré ces efforts, des défis subsistent. L’utilisation des moustiquaires a diminué, passant de 68 % à 44 % entre 2012 et 2018. De plus, la résistance des moustiques aux insecticides et la disponibilité limitée des services de santé dans les zones rurales compliquent davantage la lutte contre le paludisme. (Severe malaria)
Perspectives d’Avenir
La Guinée envisage l’introduction d’un nouveau vaccin antipaludique, soutenu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres partenaires. Des ateliers nationaux ont été organisés pour discuter de l’introduction de ce vaccin, visant à renforcer les stratégies de prévention existantes. (TDR)
En ce 25 avril, la Journée mondiale du paludisme, il est crucial de sensibiliser la population guinéenne aux mesures de prévention, de renforcer les infrastructures de santé et de soutenir les initiatives de lutte contre cette maladie qui continue de toucher des milliers de vies chaque année.
Néné Houdia Baldé, Fondatrice de l’université Aguibou BARRY
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