Guinée /Tribune : Le hasard peut faire un roi, mais non un modèle (Par Mamaoudou Babila Keita ) !

Dans un monde où les titres et la richesse impressionnent plus que les valeurs, il devient urgent de poser les bonnes questions : peut-on vraiment croire qu’un homme sans passé honorable peut incarner l’avenir d’une jeunesse ambitieuse ? Dans cette tribune que je signe sans complaisance, j’appelle la jeunesse à ne plus se laisser berner par les fonctions et l’argent, mais à interroger les parcours, les valeurs, et l’héritage moral de ceux qu’on nous présente comme des modèles. Car l’avenir ne se bâtit pas avec des impostures.

Posons le vrai débat :

Tu veux me convaincre que l’homme que tu soutiens est capable de garantir un avenir à la jeunesse ? Alors commence par me dire quel a été son passé, et ce qu’il a accompli dans sa propre jeunesse, pour que je puisse croire en tes propos.

Avant de s’intéresser au présent, il faut interroger le passé, car l’avenir puise ses racines dans ce passé.

N’oublie pas : le hasard peut faire d’un homme un roi. Mais un roi sans passé inspirant ne peut inspirer l’avenir d’un jeune en quête d’inspiration avec des valeurs.

Telle est ma philosophie.

Chers jeunes, retenez ceci : être président, ministre ou directeur ne fait pas automatiquement de quelqu’un un modèle ou une source d’inspiration. Il faut savoir aller au-delà de la fonction, de la façade administrative, de la richesse incarnée, pour chercher à connaître véritablement la personne que vous admirez ou en qui vous placez votre espoir.

Un homme ou une femme sans passé honorable ;
Celui qui n’a rien accompli par lui-même avec honneur et dignité ;
Celui dont le passé est marqué par l’échec, la bassesse ou l’immoralité, ne construira l’avenir que dans la continuité des attitudes qu’il a toujours incarnées.

C’est pourquoi, au Mandingue, les anciens disent : « La tête que l’on porte dans l’enfance est celle avec laquelle on grandit. »

Alors, pour qu’un individu devienne un modèle ou une source d’inspiration crédible, à même de garantir un avenir aux jeunes, il faut d’abord connaître les valeurs qui ont jalonné sa vie, celles par lesquelles il a traversé sa jeunesse, construit son parcours et mérité sa position.

Un malhonnête, un traître, un délinquant, un menteur, un indigne ou un malfrat peut certes devenir président, ministre ou grand directeur. Mais croire qu’il peut bâtir l’avenir de la jeunesse, d’un pays, c’est croire à l’envers des valeurs. Car on ne donne que ce que l’on a appris, vécu et incarné.

Tu veux encore me faire croire que c’est lui qui peut nous garantir un avenir ? Un destin heureux et harmonieux ? Alors, dis-moi qui il est. Parle-moi de son passé avant aujourd’hui, avant que le hasard ou les circonstances ne le propulsent à la place où tu l’as connu.

Dans les sociétés où la morale est encore un repère, quand un enfant réussit, cela donne lieu à deux réactions :

« On savait qu’il allait réussir. Ce n’est pas une surprise. »

Ou bien : « C’est vraiment lui ? Oh que Dieu peut tout faire, sinon personne n’aurait imaginé qu’il puisse en arriver là. »

N’est-ce pas une manière de reconnaître qu’on peut réussir à la fois par les valeurs et par les contre-valeurs ? Par le bien et par le mal ?
Et toi, que choisis-tu : le bon exemple qui a réussi par la morale, l’honneur et la dignité, ou le mauvais qui a percé par la ruse, l’immoralité et l’indignité ?

Donc, avant de me demander de faire confiance en quelqu’un, de croire en ceux que le hasard ou les calculs du pouvoir ont placé sur le devant de la scène et de manière aveugle, c’est trahir la mémoire, c’est renoncer à l’exigence de vérité.

Avant d’espérer qu’un homme garantisse l’avenir de la jeunesse ou d’un pays, il faut interroger son passé, scruter son histoire, et se demander : qu’a-t-il fait, qu’a-t-il été, qu’a-t-il construit ? Car nul ne peut inspirer ce qu’il n’a jamais incarné.

Ainsi, il ne suffit pas d’être président ou ministre pour être un modèle. Il faut avoir été digne, avant d’être puissant. Voilà le cœur de ce débat.

C’est juste ma philosophie.

Reviens-moi pour la suite du débat.

Mamoudou Babila KEÏTA, Journaliste d’investigation et Editorialiste

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