Johannesburg (Afrique du Sud ) : Enquête en Afrique du Sud sur une campagne d’influenceurs pour un programme russe de recrutement.
Par Réveil-Africain.Org/Com avec AFP.
L’Afrique du Sud a annoncé lundi avoir ouvert une enquête sur un possible trafic d’êtres humains, après une campagne de promotion relayée par des influenceurs sud-africains d’un programme d’installation et d’emploi en Russie, accusé de dissimuler du travail forcé, et a appelé ses jeunes ressortissantes à la « vigilance ».
Dans des vidéos partagées des millions de fois, plusieurs influenceurs sud-africains ont encouragé des femmes âgées de 18 à 22 ans à rejoindre un programme nommé « Alabuga Start », accompagné de vagues promesses de carrières internationales et d’apprentissage du russe dans la zone économique spéciale d’Abaluga, dans la république russe du Tartarstan, avec voyage offert et logement à disposition.
Après celles de médias russes puis occidentaux, une enquête de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), une ONG basée à Genève, a montré que le projet exploitait des travailleuses migrantes, notamment à l’assemblage de drones militaires russes destinés à la guerre en Ukraine.
« Des témoignages de participantes au programme Alabuga Start (…) font état d’une exploitation à plusieurs niveaux », notamment « d’accusations de racisme à l’encontre des travailleuses migrantes, de harcèlement, d’une surveillance excessive de la part de la direction d’Alabuga, ou encore de conditions de travail répressives », note le rapport de GI-TOC.
Porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères, Chrispin Phiri a indiqué à l’AFP que le sujet « faisait l’objet d’une enquête ».
Le ministère des Femmes et de la Jeunesse a fait part dans un communiqué de « sa sérieuse inquiétude après de récentes informations sur de présumées offres d’emplois circulant sur les réseaux sociaux visant les jeunes Sud-Africaines âgées de 18 à 22 ans, leur proposant des opportunités de travail en Russie ».
« Nous appelons les jeunes gens à la vigilance », a-t-il ajouté.
Certaines vidéos montrent des influenceuses qui se sont rendues en Russie et ont visité ce qu’elles décrivent comme le quartier-général du projet, à Alabuga, près de la localité de Yelabuga.
« Apparemment, les filles sont bien traitées ici – Africaines, Asiatiques, Sud-Américaines », explique l’une d’elles, suivie par 2 millions de personnes, dans une vidéo effacée depuis.
Les autorités sud-africaines n’ont pas indiqué combien de jeunes femmes pourraient avoir cédé aux sirènes du programme russe.
« Des organisations spécialisées dans le trafic d’êtres humains attirent de jeunes gens dans toutes sortes d’activités illégales, dans des conditions proches de l’esclavage », a déploré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Clayson Monyela.
« Il s’agit ni plus ni moins que de trafic d’êtres humains parce que vous perdez votre liberté », a-t-il déclaré à Radio 702.
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