Conakry (Guinée) / 1958-2026 : Le rendez-vous manqué avec l’histoire bientôt corrigé par une femme à la Primature ?

Depuis son accession à l’indépendance en 1958, la Guinée a traversé des décennies tumultueuses, marquées par des régimes autoritaires, des transitions politiques souvent violentes, et une exploitation insuffisante de son immense potentiel en ressources naturelles. Ce chemin sinueux, souvent qualifié de «rendez-vous manqué avec l’histoire», a freiné le développement économique et social du pays, laissant une population aspirer à une gouvernance plus stable, inclusive et orientée vers l’avenir. L’instabilité chronique et la succession de régimes militaires ou de partis uniques ont empêché l’éclosion d’une véritable culture démocratique et l’établissement d’institutions solides, condition sine qua non pour un progrès durable.

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Source : BCRG

Lors de son discours d’investiture ce samedi 17 janvier 2026, le tout premier président de la Cinquième (5e) République a affirmé que son mandat serait placé sous le signe du féminin, c’est-à-dire dédié à la femme guinéenne. L’hypothèse la plus probable suggère que le Général Mamadi DOUMBOUYA honorera sa promesse en désignant une femme au poste de Première ministre, chef du Gouvernement.

Alors que 2026 vient de commencer, fin de la transition, un débat passionné et inédit émerge sur la nature de la prochaine direction exécutive. L’idée d’une figure féminine à la tête de la Primature, le poste de Premier ministre, chef du gouvernement prend une ampleur significative dans les discussions publiques et les cercles politiques. Cette perspective n’est pas seulement un symbole de parité, mais est de plus en plus perçue comme un catalyseur potentiel pour une nouvelle approche de la gouvernance : une gestion réputée plus pragmatique, moins encline aux conflits de pouvoir traditionnels, et plus sensible aux préoccupations sociales.

Une Femme à la Primature : Symbole de Rupture ou Gage de Compétence ?

L’hypothèse de la nomination d’une femme à cette position stratégique constituerait, en elle-même, une rupture historique pour la Guinée post-coloniale. Cela témoignerait d’une volonté affirmée de corriger les déséquilibres passés et de privilégier la compétence ainsi que la vision stratégique, au-delà des considérations de genre ou d’allégeance politique traditionnelle. Les profils envisagés, souvent issus de la société civile, de l’expertise économique ou de la diaspora, suscitent l’espoir d’une administration plus performante et moins sujette aux pratiques antérieures.

Ce changement pourrait marquer la correction tant attendue du « rendez-vous manqué » en insufflant une dynamique nouvelle :

L’émergence d’une personnalité jugée « nouvelle » et non compromise est susceptible de rétablir la confiance des citoyens et des partenaires internationaux. Dès lors, l’accent pourrait être mis sur des réformes structurelles profondes, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’attraction d’investissements étrangers responsables.

Aujourd’hui en Guinée, les femmes représentent près de 53 % de la population. Une présence féminine aux plus hautes sphères incarnerait une plus grande inclusivité, essentielle pour un pays où les femmes jouent un rôle déterminant dans l’économie informelle et la cohésion sociale.

L’éventualité d’une femme à la tête du gouvernement en Guinée en 2026 dépasse la simple considération politique,  elle incarne l’expression d’une aspiration nationale à rompre avec les pratiques obsolètes et à concrétiser enfin le potentiel inexploité du pays. Il demeure essentiel de déterminer si cette perspective sera adoptée par les instances décisionnelles et si cette figure historique possédera la capacité de naviguer au sein des complexités de la sphère politique guinéenne pour transformer cet espoir en une réalité pérenne.

Réveil-Africain.Org.

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