Conakry (Guinée) / Formation professionnelle en Guinée : vers un référentiel national pour identifier les métiers porteurs et préparer l’avenir.

Par Louis Fatewa MANO

Conakry – Soucieuses de réduire le décalage persistant entre les formations dispensées et les besoins réels du marché de l’emploi, les autorités guinéennes franchissent une nouvelle étape dans la réforme du système de formation professionnelle. Le ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi a lancé, mardi à Conakry, un atelier stratégique consacré à l’élaboration du Référentiel national des métiers porteurs.

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Cette initiative vise à doter le pays d’un outil d’orientation capable d’identifier les secteurs économiques les plus prometteurs et d’adapter l’offre de formation aux compétences recherchées par les entreprises.

Une réforme au cœur des priorités pour l’emploi des jeunes
La cérémonie d’ouverture de cet atelier de cadrage a été présidée par le Secrétaire général du département, représentant le ministre Alpha Bacar Barry. L’activité est pilotée par la Direction nationale de l’apprentissage, de la formation professionnelle post-primaire et secondaire (DNAFPPPPS).

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Pendant trois jours, experts, cadres des administrations techniques, représentants d’organisations professionnelles, acteurs du secteur privé ainsi que partenaires techniques et financiers sont réunis pour réfléchir aux mécanismes permettant d’améliorer l’adéquation entre les diplômes délivrés dans les centres de formation et les besoins réels du marché du travail.

Cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités de moderniser le système de formation professionnelle et de renforcer l’employabilité des jeunes, dans un contexte marqué par un chômage élevé et une forte pression démographique.

Identifier et cartographier les métiers d’avenir
L’un des axes majeurs de cet atelier porte sur l’identification et la cartographie des métiers d’avenir. À travers ce référentiel national, les autorités ambitionnent de repérer les secteurs économiques à fort potentiel de croissance afin de mieux orienter les politiques de formation.

L’objectif est de permettre aux centres de formation professionnelle d’adapter leurs programmes aux réalités économiques et aux évolutions du marché du travail. Les secteurs tels que l’agriculture modernisée, les mines, les travaux publics, l’énergie, le numérique ou encore les services pourraient ainsi faire l’objet d’une attention particulière.

À terme, cette cartographie permettra d’anticiper les besoins en compétences et de mieux préparer la main-d’œuvre nationale aux transformations économiques en cours.

Vers une meilleure structuration des qualifications professionnelles
Les participants travaillent également sur la mise en place d’un système national de classification des qualifications professionnelles. Ce dispositif reposera sur trois niveaux de certification :

CQM : Certificat de Qualification aux Métiers

CQP1 : Certificat de Qualification Professionnelle – niveau 1

CQP2 : Certificat de Qualification Professionnelle – niveau 2

Cette structuration vise à clarifier les parcours d’apprentissage et à valoriser les compétences acquises par les apprenants. Elle permettra également aux entreprises de mieux identifier les profils disponibles sur le marché du travail et de recruter des travailleurs disposant de qualifications reconnues.

Selon les responsables du ministère, cette réforme constitue une étape importante vers la professionnalisation du système de formation et la reconnaissance des compétences techniques.

Un levier pour l’insertion professionnelle et l’inclusion sociale
Au-delà de l’aspect technique, l’élaboration du Référentiel national des métiers porteurs se veut aussi un instrument d’inclusion sociale. En orientant les jeunes vers des filières offrant de réelles perspectives d’emploi, le gouvernement espère améliorer leur insertion professionnelle et réduire le taux de chômage.

Cette initiative devrait également contribuer à promouvoir l’autonomisation économique des femmes, en les encourageant à s’engager dans des secteurs à forte valeur ajoutée traditionnellement peu investis par elles.

Le secteur privé, partenaire stratégique
La participation active des organisations professionnelles et du secteur privé constitue un élément central de cette démarche. Leur implication permettra de garantir que le futur référentiel reflète fidèlement les réalités du terrain et les besoins concrets des entreprises.

En associant les acteurs économiques au processus de réflexion, les autorités entendent construire un système de formation plus dynamique, capable de répondre efficacement aux défis de l’emploi et du développement.

À terme, ce document stratégique devrait devenir une véritable boussole pour la formation professionnelle en Guinée, en orientant les jeunes vers les métiers d’avenir et en contribuant à la formation d’une main-d’œuvre qualifiée apte à accompagner les grands projets de développement du pays.

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